19 mai 2011
La Ville mandate un consultant du CITVR
Le train de banlieue entrera-t-il en gare?
Par: Le Courrier

Le train de banlieue serait un projet « plus sérieux que certains ont bien voulu le croire » pour la Ville de Saint-Hyacinthe. Lundi, le conseil municipal a remis ce projet sur les rails en commandant une étude et en reconduisant pour deux autres années la réserve foncière qui vise des terrains en bordure du chemin de fer, sans toutefois juger bon d’en aviser les propriétaires concernés.

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Selon le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau, les élus ont communiqué avec le Conseil intermunicipal de transport de la Vallée-du-Richelieu (CITVR) au cours des dernières semaines afin d’obtenir les services d’un consultant qui pourra déterminer la localisation idéale d’une future gare et des stationnements incitatifs requis tout autour.

« En attente des résultats de cette étude, le conseil a préféré reconduire la réserve foncière qui vise les terrains des anciennes usines de Goodyear et de la Compagnie d’orgues canadiennes. Tant que la possibilité de les transformer en stationnements ne sera pas écartée, la réserve sera maintenue », a expliqué M. Bilodeau.Le rapport du consultant pourrait être achevé dès la fin de l’été. Le directeur général affirme que le document servira de guide à la Ville, qui a la ferme volonté de mettre tout en place pour favoriser l’arrivée du train de banlieue à Saint-Hyacinthe le moment venu. « Nous pensons que la vague du transport en commun offrira bientôt des opportunités intéressantes pour les municipalités. Il faut être patient. Le train de banlieue entrera en gare le jour où le gouvernement du Québec fera du transport en commun une priorité », a assuré M. Bilodeau. C’est que la Ville ne souhaite pas, à l’instar du projet de biométhanisation dans lequel elle a joué le rôle de pionnière, aller de l’avant avec un projet de train de banlieue avant que des sommes soient disponibles auprès des gouvernements.« Nous avons été des précurseurs dans le domaine de la biométhanisation. Aujourd’hui, toutes les municipalités peuvent bénéficier d’aide financière pour mettre en place de tels projets. De la même façon, nous croyons que le gouvernement encouragera bientôt le développement des réseaux de transport en commun. »Pour le propriétaire de l’ancienne Goodyear, toutefois, la volonté renouvelée de la Ville pour amener le train de banlieue à Saint-Hyacinthe arrive trop peu trop tard. Stéphane Arès peine à conserver ses locataires – de petites entreprises – depuis que son édifice a été placé sous le joug de la réserve foncière. « Je suis totalement en faveur du train de banlieue, a souligné d’emblée l’agent immobilier, qui n’avait pas été mis au parfum des intentions de la Ville quant à la réserve foncière avant la séance du conseil. Cette étude, la Ville a eu deux ans pour la commander et elle ne l’a jamais fait. Si les entreprises privées de Saint-Hyacinthe mettaient autant de temps à prendre une décision, elles seraient déjà toutes fermées. »Au cours des deux dernières années, M. Arès estime avoir encouru des pertes considérables, suffisantes pour qu’il déplore lui-même le gaspillage de fonds publics que représentera leur remboursement à échéance. Il a déjà fait parvenir une mise en demeure à la Ville et compte poursuivre ses actions en justice afin de récupérer chaque sou qu’il a perdu « pendant que plus personne ne semblait s’intéresser au fameux train de banlieue à l’Hôtel de Ville ».

Pas de gare au Cégep?

En plus de dénoncer la décision tardive du conseil de commander une étude sur l’emplacement idéal d’une gare pour le train de banlieue, Stéphane Arès déplore que son terrain soit encore considéré pour accueillir un stationnement incitatif alors qu’il lui semble évident que sa situation géographique est inadéquate.

Comme le conseiller David Bousquet, qui a pris la parole au conseil, M. Arès estime que l’idée d’établir un stationnement incitatif dans un cul-de-sac pourrait carrément décourager les automobilistes de s’y rendre. « On est dans un secteur où la circulation est lourde aux heures de pointe, notamment avec l’affluence d’autobus vers les écoles. Il y en a cinq à distance de marche! Il me semble, en toute logique, que c’est dans le coin du Cégep qu’il faut que le train s’arrête. »Le grand projet de gare intermodale derrière le Cégep de Saint-Hyacinthe, qui servirait avantageusement le pôle collégial et universitaire, ne semble toutefois pas dans les cartes du conseil municipal. Cette idée, portée par le directeur général du collège Roger Sylvestre, pourrait bien être tuée dans l’oeuf. « Le Cégep veut une gare sur des terrains agricoles, a rappelé Louis Bilodeau. Roger Sylvestre fait un travail incroyable au Cégep, mais le transport en commun, ce n’est pas sa spécialité. Laissons le consultant faire son boulot. »

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