12 décembre 2013
Le train : pas une nécessité
Par: Le Courrier

M. Corbeil, vous êtes en poste depuis un peu plus de deux mois à peine à titre de maire de Saint-Hyacinthe. Durant votre campagne électorale, le projet du train de banlieue se voulait votre priorité.

Aujourd’hui, la réalité vous rattrape avec des dossiers autrement plus urgents comme l’Hôtel des Seigneurs, la modernisation du stade C.-A.-Gauvin, le prolongement du boulevard Casavant, le gâchis du projet de la Métairie, le budget 2014 et d’autres.Personnellement, je ne crois pas que, pour l’instant, le train soit une nécessité pour une ville comme la nôtre.J »ose croire que vous serez transparent dans le dossier du train de banlieue. Les contribuables ont le droit d’avoir les chiffres les plus justes. Par exemple, j’espère que vous aurez la délicatesse de mettre l’ensemble du rapport sur le train de banlieue sur le site de la Ville et ne pas vous contenter d’un simple communiqué.Dans un premier temps, il faut se rappeler qu’il n’y a qu’une poignée de personnes qui utilisent ce service tous les jours. Lorsqu’on parle de 100 à 150 personnes, dans un bassin de 50 000 citoyens, c’est moins de 1 % des contribuables. Lorsqu’on englobe la MRC – étant donné qu’elle sera probablement appelée à payer elle aussi – c’est encore moins.En passant, si la banlieue ne veut pas payer 50 000 $ pour le Centre des arts – ce qui représente environ 3 000 $ par municipalité – voudrait-elle injecter des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars par année pour le train. Poser la question, c’est y répondre.Le train de banlieue coûtera plusieurs millions de dollars à la base, une hausse de taxes récurrentes et annuelles pour tous les citoyens, une contribution financière en croissance de la Ville à l’AMT ou à la CMM, une hausse des coûts de l’essence et des immatriculations. Bref, des coûts, toujours des coûts…En plus, il ne faut pas oublier que cette ligne de train de banlieue sera vraisemblablement unidirectionnelle, donc pour permettre aux citoyens de Saint-Hyacinthe d’aller travailler à Montréal, tous les matins.Au train, s’ajouteront un stationnement incitatif au centre-ville, des acquisitions de terrain, des démolitions d’immeubles existants et de nouvelles infrastructures, etc. Peut-on déjà parler de 25 à 35 millions de dollars et même plus!Tous sont pour la vertu et le train de banlieue, mais est-ce que les contribuables sont prêts à payer, ça je ne le pense pas. C’est facile de signer une pétition en ligne ou répondre à un sondage téléphonique qui nous engage à rien, mais dans la vie, c’est autre chose.Quand on sait que le coût des infrastructures explose partout, on doit y penser sérieusement avant d’aller de l’avant dans ce projet. Le train de l’Est, qui devait coûter 300 millions en coûtera vraisemblablement plus de 700 millions de dollars.Dans votre propre cour, le projet du stade C.-A.-Gauvin qui devait coûter 3,6 M$ selon un communiqué de la Ville datant du début du mois d’octobre, s’élèvera – pour l’instant – à 4,3 M$. Une hausse spectaculaire de 20 % en deux mois et les travaux ne sont pas encore complétés. Et que dire de la Métairie!!!Je n’ose imaginer les vrais coûts du train de banlieue. J’ai déjà mal à mon portefeuille et à mon compte de taxes. Contrairement aux agriculteurs, moi, je n’ai pas droit à un remboursement d’une partie de mes taxes…Des priorités avant le train de banlieue, il y en a plusieurs à Saint-Hyacinthe. Prenons simplement un exemple concret : tâchez de faire en sorte que les 5 000 personnes de l’extérieur qui viennent travailler tous les jours chez nous commencent à penser y rester plutôt que d’encourager les Maskoutains à aller travailler à Montréal.

Maurice FournierSaint-Hyacinthe

image