4 août 2011
Le transport collectif en péril
Par: Le Courrier
« C'est très dommage, on recule : le transport collectif est compromis », selon la préfète et mairesse de Saint-Bernard-de-Michaudville, Francine Morin.

« C'est très dommage, on recule : le transport collectif est compromis », selon la préfète et mairesse de Saint-Bernard-de-Michaudville, Francine Morin.

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C’est le maire de Sainte-Madeleine, Alain Paradis, qui lancé le bal. « Je propose d’exclure la municipalité du Village de Sainte-Madeleine ainsi que les municipalités qui le désirent du service de transport collectif régional de la MRC des Maskoutains », a-t-il proposé lors de la dernière séance publique du conseil le 13 juillet.

Huit maires ont aussitôt appuyé la résolution d’Alain Paradis, soit Claude Bernier de Saint-Hyacinthe, Pierre Saint-Onge de Saint-Pie, Yves de Bellefeuille de Saint-Jude, Normand Corbeil de Saint-Simon, Serge Picard de Saint-Hugues, Simon Lacombe de Sainte-Marie-Madeleine, Yves Petit de Sainte-Hélène et Robert Houle de Saint-Dominique.« C’est très dommage, on recule : le transport collectif est compromis », a alors laissé échapper la préfète et mairesse de Saint-Bernard-de-Michaudville, Francine Morin. En entrevue avec LE COURRIER, elle s’est dite inquiète quant à l’avenir du service de transport collectif. « Si les neuf municipalités qui ont voté en faveur de la résolution d’Alain Paradis quittent vraiment le service, je ne pense pas qu’on va pouvoir continuer à le développer. Il va falloir s’en reparler », a-t-elle ajouté.Depuis cinq ans, le nombre de déplacements annuels est en croissance constante. Il est passé de 185 en 2006 à 1 161 en 2010, dont 800 au départ des municipalités rurales contre 361 de Saint-Hyacinthe.Or, aucun Madeleinois n’a profité du service du transport collectif l’an dernier. « Nos citoyens bénéficient déjà du transport offert par le Conseil intermunicipal de transport de la Vallée du Richelieu (CITVR) qui propose des points de chute le long de la 116. Alors, nous payons deux fois pour la même chose! », s’emportait déjà M. Paradis au printemps.Le maire de Sainte-Hélène-de-Bagot, Yves Petit, a aussi l’impression d’ouvrir le porte-monnaie de sa municipalité pour rien.« On a embarqué dans le programme de transport pour voir si nos citoyens allaient l’utiliser, mais plusieurs années plus tard, je crois qu’on ne peut même pas trouver une personne de Sainte-Hélène qui en profite! », a-t-il déploré.À l’instar de son homologue de Sainte-Madeleine, M. Petit estime que les municipalités devraient pouvoir choisir si elles adhèrent ou non au service de transport collectif. « Ça ne devrait pas être une compétence de la MRC », a-t-il indiqué.Ce n’est pas la première fois qu’Alain Paradis tente de retirer sa municipalité du programme de transport collectif, mais il n’a jamais été aussi près d’y parvenir. « J’ai été surpris qu’autant de municipalités m’appuient », a-t-il indiqué, estimant qu’il fallait peut-être y voir une certaine insatisfaction.Le destin du transport collectif devrait être scellé à l’assemblée du 17 août, alors que le conseil des maires se penchera sur l’adoption d’un règlement permettant aux municipalités de se retirer du service.

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