26 septembre 2013
Léandre Dion sous les projecteurs
Par: Le Courrier

« La politique, j’en suis sorti, mais elle, elle n’est jamais sortie de moi. » Si Léandre Dion a quitté, au cours des dernières semaines, le conseil d’administration du centre d’exposition Expression, c’est pour mieux se retirer de la vie publique. L’oeil curieux, le verbe fier, Léandre Dion parle toujours avec la même passion de culture et d’histoire.

Pourquoi avoir quitté votre poste au conseil d’administration du centre d’exposition Expression?

Je quitte Expression parce que je veux me donner le temps de vivre et de m’occuper de nos six petits-enfants. Je voulais avoir du temps pour nous et du temps pour écrire. J’avais hâte au moment où je pourrais vivre pleinement mon retrait de la vie publique et politique. Je travaille actuellement à la rédaction d’un récit qui a pour trame de fond l’histoire du Québec, à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945. Comment les gens réagissaient-ils au jour le jour? C’est ce qui m’intéresse. Et c’est tout un défi!

Vous avez aussi joué un rôle important au sein du comité pour un Musée régional. Pourquoi, selon vous, les Maskoutains devraient-ils adhérer à ce projet?

Pour moi, c’est la fierté maskoutaine, mais c’est aussi plus que ça. C’est aussi la conscience très aiguë qu’on ne peut pas laisser aller notre histoire. Les gens ne le savent peut-être pas, mais Saint-Hyacinthe a été l’un des centres politiques les plus importants du Québec. Un grand nombre de jeunes professionnels, de notaires et d’avocats ont contribué à l’animation politique de la province d’une façon significative. Il faut avoir la fierté de l’histoire qui a bâti notre belle région et, d’une certaine manière, le Québec.

Que pensez-vous de la Charte des valeurs québécoises?

Je pense que c’est une initiative heureuse. Il est temps que les Québécois sortent de leur timidité traditionnelle, de leur peur de s’affirmer, de leur peur de se faire reconnaître pour ce qu’ils sont. Pourquoi une charte des valeurs? Pour affirmer qui l’on est, premièrement, et pour mettre des balises quant à ce qui est acceptable et inacceptable, pour que les gens qui viennent ici aient accès à ce support dans leur intégration. Je sais de quoi je parle. J’ai habité dans trois pays, à part le Québec. Quand on arrive dans un pays, on veut savoir comment se comporter et ce qui est important pour les gens qui nous entourent. On arrive plein de bonne volonté. On veut s’intégrer. Voilà pourquoi je crois qu’il faut qu’il y ait un effort pour s’assurer que les nouveaux arrivants connaissent nos valeurs. Nous ne voulons pas que nos valeurs de tolérance conduisent à l’intolérance. C’est un devoir de société de maintenir la paix. »

On vous a souvent qualifié de père de la Cité de la biotechnologie. À ce titre, pouvez-vous nous éclairer sur son caractère public, privé ou autre?

Non. C’est de la mécanique et ce n’est pas ma spécialité. Je ne dis pas que c’est sans intérêt ou sans importance, loin de là. J’ai fondé la Cité de la biotechnologie pour permettre à Saint-Hyacinthe de bénéficier de certains privilèges qui sont offerts par le gouvernement du Québec aux entreprises qui s’installent à l’intérieur de ces parcs spécialisés. On avait tout ce qu’il fallait pour créer quelque chose de distinctif et qui permettrait de créer des emplois pour nos jeunes. C’est bien beau de dire « qui s’instruit s’enrichit », mais si les jeunes ont trop de formation et qu’ils ne trouvent pas d’emplois chez nous, on n’est pas plus avancés.

La campagne municipale est lancée. Que souhaitez-vous pour Saint-Hyacinthe?

Je me réjouis de voir que l’élection municipale suscite beaucoup d’intérêt au sein de la population. Je pense que Saint-Hyacinthe est sur la bonne voie pour continuer à développer un parc de haute technologie, ce qui permet du même coup de voir naître des entreprises de fabrication dans le parc industriel et de générer des emplois. Ensuite, je trouve qu’on a commencé à se doter de lieux culturels qui font la qualité de vie des Maskoutains. Évidemment, je crois qu’un complexe culturel qui réunirait la Médiathèque maskoutaine, le Centre d’histoire et le centre Expression serait tout à l’honneur des gens de Saint-Hyacinthe. Finalement, il faut poursuivre l’essor des infrastructures en loisirs pour les jeunes, auquel Claude Bernier a beaucoup contribué. Si l’on donne aux jeunes des espaces pour s’amuser et développer leurs talents, ils vont s’attacher à leur milieu et le faire rayonner. C’est aussi ça, la fierté.

Quant à un candidat, j’ai connu Gaston Vachon alors qu’il travaillait à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme. Il faisait un travail admirable. J’étais député lorsqu’il a pris la direction de l’École professionnelle, où il a permis de belles réalisations. Il a le sens du service à la société. Moi, j’ai confiance en lui et j’ai fait mon choix.

Un dernier mot avant de vous retirer de la vie publique.

C’est un privilège d’avoir été député pendant 12 ans et demi. Je précise « et demi », parce que six mois, ça peut être long en politique. Il peut se passer beaucoup de choses dans cette « demie »! Je suis fier de dire que j’ai été député de Saint-Hyacinthe, plus particulièrement. Ce n’est pas n’importe où, Saint-Hyacinthe! Je pense avoir rendu les services au meilleur de ma connaissance. Maintenant, je vais me consacrer à ma famille et à l’écriture.

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