13 juin 2013
Exclusivité entre l'Oeuvre Antoine-Girouard et le Groupe Robin
L’entente prolongée jusqu’en 2020
Par: Le Courrier

L’entente qui accorde au Groupe Robin l’exclusivité du rachat des terrains appartenant à l’Oeuvre Antoine-Girouard a été prolongée jusqu’en 2020, selon des documents notariés datant de 2007.

publicité

153pp3x-robin

C’est ce qu’a révélé le supérieur du Séminaire et président de l’Oeuvre Antoine-Girouard, le Chanoine Jean Corbeil. Cette initiative, qu’il réprouve, aurait reçu l’aval de l’évêque du diocèse en mars 2007, quelques mois avant que le Chanoine Corbeil ne fasse son entrée sur le conseil d’administration de l’Oeuvre et trois ans avant sa nomination à la tête du Séminaire, en 2010.

« Je ne savais pas que cette entente avait été reconduite. Je l’ai appris il y a quelques semaines. Je trouvais cette entente étonnante en 2004 et je ne suis pas d’accord à ce qu’elle se poursuive, mais j’y suis lié », a-t-il laissé tomber, confiant qu’il était mal-à-l’aise de devoir répondre d’un tel engagement. « Je ne pensais jamais, jamais, avoir à reprendre cette entente un jour. »Selon les explications offertes par les administrateurs en 2004, l’entente devait venir à échéance en 2010. « Comment se fait-il que l’entente ait été renouvelée jusqu’en 2020? Comment se fait-il que l’évêque l’ait approuvée, alors qu’il avait lui-même souhaité qu’on y mette fin? Je ne comprends pas ce qui a pu se passer », a ajouté le supérieur du Séminaire.Après s’être dit surpris d’apprendre qu’il avait approuvé une telle résolution, dont il n’avait pas souvenir, Mgr François Lapierre a confirmé que l’entente était bel et bien reconduite jusqu’en 2020. « Selon les explications que l’on me donne, l’Oeuvre Antoine-Girouard n’avait pas le choix de renouveler son entente en raison d’une condition de continuité. L’entente est valide pour tous les terrains que l’Oeuvre possédait en 2004, lorsque j’ai imposé un moratoire sur l’achat de nouveaux terrains. Puisque que des terrains n’avaient pas été vendus en 2010, il a fallu reconduire l’entente », a-t-il expliqué, rappelant qu’il n’était pas encore à la tête du diocèse lorsque l’entente initiale avait été conclue.L’entente lie donc les parties au sujet de tous les terrains que possède l’Oeuvre à ce jour. « En écoulant les terrains sans en acquérir de nouveaux, l’entente devra forcément prendre fin », a ajouté l’évêque en laissant entendre que l’ensemble des terrains serait probablement vendu avant 2020. Rappelons que Mgr Lapierre ne peut intervenir à l’entente, n’étant pas partie prenante au contrat. L’attrait d’un tel contrat pour l’Oeuvre Antoine-Girouard tiendrait dans un système de ristournes, qui enjoint le Groupe Robin à réinvestir dans l’Oeuvre Antoine-Girouard selon un pourcentage indexé chaque année. « Robin achète les terrains, il en tire un profit et il doit en réinvestir une part dans l’Oeuvre », a expliqué le Chanoine Corbeil, loin d’être convaincu que cette solution soit la plus rentable pour son organisation. « Si un jour l’évêque nous permettait d’acheter des terrains de nouveau, on mettrait ça sur le marché au plus offrant. Il ne serait pas question que Robin puisse dire que ça lui revient. Il a l’exclusivité seulement sur ce qu’on possède présentement. »Difficile toutefois d’évaluer si l’Oeuvre serait en mesure d’obtenir un meilleur retour sur ses ventes sans l’entente avec le Groupe Robin. « Peut-être qu’avec la libre concurrence, certains auraient offerts plus. Si trois acheteurs potentiels soumissionnent sur un même terrain, ça fait monter les enchères. Peut-être que ça compenserait même pour le réinvestissement dans l’Oeuvre que garantit le Groupe Robin, suggère le Chanoine Corbeil. On ne le saura jamais. »Depuis 2005, les transactions ont permis à l’Oeuvre de toucher en moyenne 1 M$ par année en échange des terrains vendus au Groupe Robin avec des années particulièrement lucratives en 2008 (1,8 M$) et en 2010 (1,4 M$). « Qu’arrivera-t-il lorsque tous les terrains auront été vendus, je ne le sais pas. Il va falloir se serrer la ceinture parce que quand on regarde les revenus aujourd’hui, les intérêts sur nos investissements ne suffisent plus. Si on n’avait pas de ventes de terrain, la Corporation du Séminaire serait déficitaire à chaque année », a dit le supérieur, qui refuse toutefois d’être pessimiste. « Actuellement, il y a encore quelques terrains en vente. Devant un problème, il y a toujours une solution qui arrive. Il peut se passer beaucoup de choses d’ici 2020. On est des humains. Parfois on tombe. On est là pour se relever et pour continuer, sans refaire les mêmes erreurs. »Le budget de fonctionnement du Séminaire s’élève à environ 3 M$ par année.

image