12 décembre 2019
L’équilibre d’Ariane Moffatt
Par: Maxime Prévost Durand

Un an après la sortie de Petites mains précieuses, Ariane Moffatt viendra présenter ses chansons au public maskoutain le jeudi 19 décembre au Centre des arts Juliette-Lassonde. Photo Facebook Ariane Moffatt

Entre sa vie d’artiste et celle de mère, entre ses textes intimes, fragiles, et ceux plus engagés, entre le soul et le disco, la musique des années 70 et celle actuelle, Ariane Moffatt a développé un véritable équilibre.

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Il y a un peu plus d’un an, l’auteure-compositrice-interprète faisait paraître Petites mains précieuses, son sixième album en carrière. Mais un peu comme bébé Georges, son troisième enfant, l’album est né prématurément.

« Avec le recul, je l’appelle l’album écrit sur les hormones », lance-t-elle en riant, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER. Elle explique que l’accouchement de bébé Georges a provoqué chez elle quelque chose de fort, qui l’a « bousculée » et « fragilisée ». Et la manière qu’elle a eu de le traverser, c’est avec la musique.

« Ce n’est pas normal d’avoir une fièvre d’écriture deux mois après avoir accouché, reconnait-elle. Mais c’était ma réponse à ce chamboulement affectif. »

Bien malgré elle, il y avait un besoin puissant d’extérioriser, une inspiration soudaine qui devait être relâchée. « Je ne croyais pas trop à ça avant, mais là, il y avait quelque chose de plus fort que moi. »

Projet parallèle

Aussi fière soit elle de son plus récent album, qu’elle voit comme « une boule disco au milieu du chalet » pour son côté à la fois dansant et chaleureux, Ariane Moffatt avait envie d’explorer d’autres avenues à la suite de Petites mains précieuses. De là est né un projet parallèle du nom de SOMMM, qu’elle mène avec Étienne Dupuis-Cloutier, un multi-instrumentiste avec qui elle avait travaillé sur sa tournée précédente.

« Une partie de moi était restée sur ma faim dans le côté producing [à la fin de l’album]. Ce projet me permet d’exploiter ça », affirme l’auteur-compositrice-interprète.

L’approche musicale est résolument plus urbaine, avec une pop axée sur les éléments technologiques. Et si elle le fait, ce n’est pas pour avoir l’avoir cool. C’est plutôt parce que cette musique, qui cadre moins dans le cadre de sa carrière solo, résonne également chez elle.

« Je reste authentique dans ce projet, mais je ressens moins le besoin d’être à vif. Le processus de création est différent. C’est moins axé sur moi et ce que j’ai vécu », mentionne Ariane Moffatt, qui voue une curiosité constante à la nouvelle garde musicale qui émerge dans la province.

Deux morceaux ont déjà été lancés, lesquels proposent des collaborations avec FouKi et LaF, des figures émergentes de la scène hip-hop québécoise. Un EP est même prévu dans la prochaine année.

Bientôt à Saint-Hyacinthe

Mais revenons à Petites mains précieuses. Qui dit nouvel album, dit également nouvelle tournée. Forte de toutes ses années d’expérience, Ariane Moffatt a choisi de faire les choses un peu différemment cette fois, avec « une tournée plus longue, mais moins intense » pour mieux concilier le travail et la famille. « Ça permet d’aller profiter de week-ends au chalet en famille plus souvent », confie-t-elle.

Dans ce spectacle, qu’elle viendra présenter à la salle Desjardins du Centre des arts Juliette-Lassonde le jeudi 19 décembre, elle invite le public à pénétrer dans son univers. Littéralement.

« La scénographie, c’est carrément une bulle, lance-t-elle. Je dis au public “faites-moi confiance, on va passer de beaux moments”. »

En plus des chansons de Petites mains précieuses, elle revisite d’autres pièces de son répertoire en leur apportant une facture sonore remaniée, comme pour les redécouvrir.

Clin d’œil au titre de l’album, Ariane Moffatt propose dans le cadre de sa tournée une crème pour les mains, née d’une collaboration avec Kiehl’s Canada, dont tous les profits sont ensuite remis à l’organisme Le Phare Enfants et Familles, dont elle est marraine en compagnie de sa conjointe Florence.

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