4 juin 2015
L’avenir de la zone agricole dans Les Maskoutains
Les attentes sont grandes
Par: Benoît Lapierre
Les attentes sont grandes

Les attentes sont grandes

Le projet de PDZA a été présenté aux citoyens par Pascal Simard, technicien à l’aménagement à la MRC, lors des soirées de consultation tenues à Saint-Hugues et Saint-Pie. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le projet de PDZA a été présenté aux citoyens par Pascal Simard, technicien à l’aménagement à la MRC, lors des soirées de consultation tenues à Saint-Hugues et Saint-Pie. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La MRC des Maskoutains arrive à point avec son Plan de développement de la zone agricole (PDZA), un projet lancé en 2013 dont elle vient tout juste de présenter le résultat en consultation publique.

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Les nombreuses interventions entendues aux soirées d’information tenues à Saint-Hugues et Saint-Pie les 26 et 27 mai – quelque 120 citoyens, au total, y ont assisté – démontrent que ce long travail n’a pas été effectué en vain. Les attentes du milieu agricole à l’égard du PDZA sont très grandes, aussi grandes que la place qu’occupe la MRC des Maskoutains dans l’agriculture au Québec, pourrait-on dire.

« Notre parc industriel, c’est l’agriculture », a illustré Gérard Beauchemin, de Sainte-Marie-Madeleine, en prenant la parole mercredi soir dernier au Centre sportif et culturel de Saint-Pie, après la présentation du PDZA. L’image qu’il a employée a plu à l’assistance, constituée en bonne partie d’agriculteurs, dont plusieurs membres actifs de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA).

Mais les séances étaient ouvertes à tout le monde et, à Saint-Pie, un représentant bien connu du secteur industriel, Guy Lacasse, n’a pas craint de s’y pointer pour prêcher en faveur d’un agrandissement du périmètre urbain. « Seulement 4 % de sections blanches dans la MRC, ce n’est pas bien gros pour nous, les petites villes », a lancé M. Lacasse. Il a néanmoins été applaudi plus tard, après avoir avoué qu’il avait trouvé sa soirée très instructive.

La place prépondérante qu’occupe l’agriculture dans la MRC des Maskoutains est bien mise en évidence dans la partie descriptive du PDZA. Comme l’a bien compris M. Lacasse, pas moins de 96 % du territoire se trouve en zone verte. On y compte 1 204 exploitations agricoles, soit 4 % de toutes celles qu’on retrouve au Québec, et plus de 12 000 hectares de terres agricoles parmi les plus fertiles au Québec, le tout générant 9 % des revenus agricoles de la province, peut-on lire. On ajoute que sur les 13 000 emplois manufacturiers recensés dans la MRC en 2014, 7 000 étaient générés par la chaîne alimentaire, de la production à la transformation d’aliments. « La région est la principale zone de production agricole au Québec, tant au niveau du nombre d’établissements que du volume de produits mis en marché. Les principales productions sont les grandes cultures, les productions porcines, laitières et avicoles », précise-t-on dans la section « l’état des lieux ».

Il y a les forces, mais aussi les faiblesses, comme la valeur marchande très élevée des terres, un phénomène qui freine l’expansion des exploitations et qui nuit à la relève. Ce sont là des questions préoccupantes auxquelles se sont arrêtés plusieurs intervenants. Les terres qui tombent en friche, la sécurité des agriculteurs sur les routes et la protection des zones humides sont autant de thèmes qui ont été abordés.

Le plan d’action du PDZA contient toute une série de mesures envisageables à court et moyen terme (cinq ans) pour atténuer les faiblesses et relancer le secteur agricole sur la voie du développement. Certaines propositions sont moins bien accueillies que d’autres, et c’est le cas du déploiement du réseau cyclable en milieu rural. Certains pensent même que les voies ferrées désaffectées ne devraient pas servir à cette fin. « Je ne suis pas d’accord avec ça. On devrait les offrir aux agriculteurs », a proposé Claude Ruel, à la rencontre de Saint-Pie.

À la lumière des commentaires obtenus, le comité de liaison MRC-UPA-CLD va maintenant se réunir pour statuer sur le projet définitif de PDZA qui sera soumis aux conseils des maires en juillet, pour adoption.

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