25 juillet 2013
La décontamination coûtera 220 000 $
Les Belles de nuit : une ancienne station-service
Par: Le Courrier

En mettant la main, au printemps 2010, sur l’emplacement qu’occupait le bar de danseuses nues Les Belles de Nuit, au centre-ville, la Ville de Saint-Hyacinthe n’ignorait pas qu’elle héritait d’un site qui a été souillé jadis par des produits pétroliers.

C’est que le bar en question se trouvait dans les locaux de l’ancienne station-service Courtemanche & Frères, qui a été exploitée, semble-t-il, de 1955 jusqu’au début des années 1990. Un permis de construire avait d’abord été délivré en 1932 pour l’implantation d’un garage au même endroit. Il s’agissait sans doute du garage W.R. Côté, concessionnaire Chrysler, selon des renseignements obtenus auprès de la Société d’histoire de Saint-Hyacinthe.

Bref, le terrain vacant qui se trouve au 1090, rue des Cascades, au coin de la l’avenue de la Concorde Nord, traîne un passé qui a été fortement marqué par l’automobile, l’essence et les huiles à moteur, ce qui a laissé des cicatrices. Le répertoire des terrains contaminés du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP) indique que le site est contaminé par des hydrocarbures pétroliers. Il s’agit de l’un des 43 emplacements contaminés connus à Saint-Hyacinthe dont la restauration n’a pas encore été entreprise, ou complétée.Dans le cas du 1090, des Cascades, c’est la Ville de Saint-Hyacinthe qui a commandé les premières analyses de sol en mars 2010, peu avant de faire l’acquisition de l’immeuble au prix de 225 000 $. « Mais des analyses plus poussées faites en mai 2011 ont révélé une contamination plus importante que ce à quoi on s’attendait », a indiqué la chef par intérim de la Division des Communications à la Ville de Saint-Hyacinthe, Caroline Nadeau.Pour procéder au grand nettoyage, la Ville de Saint-Hyacinthe pourra compter sur un coup de pouce de 110 554 $ du gouvernement du Québec. Il s’agit d’une subvention qui lui est accordée dans le cadre du programme ClimatSol, du MDDEFP, laquelle couvre environ 50 % des coûts de l’opération de décontamination. Le montant total de la facture est donc estimé à un peu plus de 220 000 $.Comme la Ville devra consacrer elle-même 110 000 $ à la réhabilitation du terrain, cela porte à plus de 335 000 $ la somme qu’elle a engagée jusqu’ici pour régler la question du bar de danseuses – elle souhaitait sa disparition -. Ce montant n’inclut pas les frais de démolition du bâtiment, un travail qui a été exécuté en août 2010 par la firme Raynald Boulay et fils, de Saint-Hyacinthe, pour un montant que la Ville n’a pas été en mesure de nous communiquer cette semaine.Caroline Nadeau a précisé qu’en ce qui a trait au mauvais état du terrain, aucune poursuite contre d’anciens propriétaires ne serait engagée par la municipalité. « La Ville a acheté l’immeuble en toute connaissance de cause », a-t-elle expliqué.La Ville vient d’accorder un mandat à un consultant pour l’élaboration du plan d’intervention sur le site. Une fois le terrain remis en état, elle entend le mettre en vente dans le but qu’un projet consolidant pour le centre-ville y soit réalisé.

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