29 novembre 2012
Les béni-oui-oui
Par: Martin Bourassa

Retour sur la taupe. Y a-t-il oui ou non une taupe au conseil qui rapporte tous les faits et gestes des élus aux méchants journalistes?

Si le conseiller Bernard Barré est convaincu de son existence et que son collègue David Bousquet en est le roi incontesté, permettez que j’apporte mon point de vue, voire mon expertise en matière de source confidentielle.Moi qui navigue dans le milieu maskoutain depuis une bonne quinzaine d’années, je peux témoigner qu’il n’est pas plus facile qu’avant de sortir de l’information privilégiée de l’Hôtel de Ville de Saint-Hyacinthe. Au contraire. La Ville s’est doté ces dernières années d’un service de communications qui ne se démarque pas réellement pas son attitude facilitante envers les journalistes.Tout est beaucoup plus compliqué qu’avant. Le même constat s’applique d’ailleurs aux autres organisations publiques maskoutaines, que ce soit au Centre de santé, au Cégep ou à la Commission scolaire. Le contrôle de l’information et la protection de l’image sont devenus des priorités organisationnelles partout. Pour moi qui aie connu l’époque bénie des contacts directs, sans intermédiaire, avec les directeurs généraux et tous les chefs de service de ces organisations, ce fut un gros pas en arrière.Pour en revenir aux élus maskoutains, disons qu’il y en a des plus parlables que d’autres, des plus sympathiques à la cause de l’information et de la transparence. Plusieurs n’ont pas peur de répondre aux questions et de s’exprimer.Cela en fait-il des pères Ovide et des paniers percés pour autant? Je ne pense pas. J’ai beau chercher, je n’arrive pas à me souvenir d’une manchette particulièrement embarrassante pour la Ville de Saint-Hyacinthe ou un élu depuis l’élection de 2009. Le Courrier a certes publié son lot d’exclusivités, mais en aucun cas cela n’a débouché sur des scandales honteux ou vraiment embarrassants il me semble.S’il y a un problème de communication à la Ville, je pense qu’il se trouve davantage entre la direction générale et les élus, ou entre les élus tout simplement.Mais le contrôle de l’information n’est pas qu’une affaire municipale. La culture du secret est répandue partout en ville. Je pense évidemment au CLD et à la Cité de la biotechnologie où on passerait beaucoup de temps, dit-on, à rappeler aux administrateurs qu’ils sont soumis à un code d’éthique et à la confidentialité.Paraît même qu’on essaie de convaincre ces gens qu’ils n’ont aucun droit de regard sur les conditions de travail et les avantages consentis aux employés et aux cadres du CLD et de la Cité. J’ose espérer que ces administrateurs ne tomberont pas dans le panneau et qu’ils ne renonceront pas à questionner les faits et gestes, et les conditions, de tout ce beau monde. Siéger à un conseil de ville ou un conseil d’administration ne devrait jamais nous faire perdre notre droit de parole, notre droit de questionner et notre droit de s’indigner. Et notre droit de répondre aux questions des journalistes.Il y a plus à perdre qu’à gagner à élire et à s’entourer de béni-oui-oui.

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