7 octobre 2021
Les bons et les méchants
Par: Le Courrier
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Je me permets de vous écrire pour vous signifier mon désarroi concernant la vaccination. Ce que j’entends sur les ondes radiophoniques et ce que je lis dans les journaux me donnent l’impression qu’il y a deux catégories de gens présentement. Les bons qui sont vaccinés et les méchants qui ne le sont pas.

Dans les non-vaccinés, il y a ceux qui sont encore indécis. Ceux qui se posent des questions, qui observent et qui réfléchissent aux conséquences et effets secondaires à court, moyen et long terme de cette vaccination. Comme Guillaume Lemay-Thivierge, il y a ceux qui attendent que le vaccin de l’entreprise québécoise Medicago soit homologué. Je fais partie de cette catégorie.

Faisant partie de la santé intégrative en tant que massothérapeute spécialisée pour les gens atteints de cancer, je suis soucieuse des impacts de la maladie dans la vie des gens, incluant celles qui sont atteintes de la COVID-19. C’est pourquoi, en attendant de prendre ma décision, j’ai fait l’évaluation de la gestion du risque pour que je ne sois pas une source de contamination. Je n’ai pas d’enfants ni de petits-enfants. J’ai choisi de faire des renoncements. J’ai fermé ma pratique privée à mon bureau et à domicile pour me concentrer à un seul endroit. J’ai arrêté mes entraînements au gym pour les poursuivre à mon domicile. Je me concentre à fréquenter une seule épicerie même s’il y a des rabais avantageux dans une autre bannière et, autant qu’il m’en soit possible, je la fréquente sur les heures les moins achalandées. Tout au long de la pandémie, j’ai respecté les consignes. J’ai été 8 mois à ne pas voir ma mère de 87 ans qui habite en Gaspésie, elle qui n’est pas familiarisée avec les réseaux sociaux et Internet.

Alors, quand j’entends que les non-vaccinés sont égoïstes et non responsables, ces propos m’attristent et me désolent. Le problème avec ce virus, c’est que l’on peut être porteur sans avoir les symptômes. Considérant que le vaccin diminue les symptômes, la vigilance est de mise autant pour les personnes vaccinées que les non-vaccinées. Le constat de la réalité de l’Alberta nous confirme que le relâchement des mesures sanitaires a eu un impact dommageable pour ses citoyens. Retenons leur expérience et continuons à maintenir le port du masque, la distanciation et le lavage des mains.

J’ose penser au futur. Dans 10 ans, avec le recul, quelles leçons aurons-nous tirées de cette pandémie? Dans le moment présent, après plus de 19 mois de pandémie, il est pertinent de nous poser la question principalement sur nos habitudes et notre hygiène de vie. J’aimerais bien vous faire part de mes observations et de mes réflexions, mais mon texte serait d’une telle longueur que je perdrais votre attention.

Une personne sage m’a dit un jour : « Lorsqu’on a à faire un choix, il est important de se poser les questions suivantes : pour qui le fais-je, pourquoi le fais-je et dans quelle intention? Qui dit la vérité, quelle est ma vérité? » Ces questions me permettent de considérer l’autre dans son entièreté et ses valeurs, et ce, dans le plus grand des respects.

Ce que je déplore est que la situation actuelle concernant la vaccination amène de la division et de l’intolérance. À la fin août, sur une terrasse d’un restaurant à service rapide, j’ai même observé deux hommes, un vacciné et l’autre non vacciné, avoir une prise de bec concernant l’obligation vaccinale. Pour mettre fin au conflit, la conjointe de celui qui n’est pas vacciné a pris la parole en disant : « Monsieur, je ne suis pas vaccinée parce que ma condition de santé ne me le permet pas. »

Alors, qui sont les bons et les méchants? Je ne crois pas qu’il y ait des bons et des méchants. Au lieu de mettre des étiquettes, prenons le temps d’échanger et de répondre à ces questions : pour qui le fais-je, pourquoi le fais-je, en étant conscients de nos croyances, de nos valeurs, de nos peurs, et ce, d’une manière respectueuse et mature, car personne ne détient la pure vérité!

Sylvie Beaulieu, Saint-Hyacinthe

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