31 août 2017
Abattage de la volaille au Québec
Les éleveurs contestent le monopole d’Exceldor et Olymel 
Par: Jean-Luc Lorry
Les éleveurs contestent le monopole d’Exceldor et Olymel

Les éleveurs contestent le monopole d’Exceldor et Olymel

Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec. Photo Marie-Michèle Trudeau

Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec. Photo Marie-Michèle Trudeau

Les Éleveurs de volailles du Québec contestent actuellement devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires, la position de monopole occupé par la coopérative avicole Exceldor et son concurrent Olymel dans le domaine de l’abattage.

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La direction d’Exceldor s’est justement inscrite au registre des lobbyistes en vue de mener des représentations auprès du ministère de l’Agriculture et d’autres instances gouvernementales concernant la mise en marché de la volaille.
« Les démarches sont faites en vue d’amener la Régie des marchés agricoles et alimentaires à maintenir les volumes d’approvisionnement garantis dans la prochaine convention de mise en marché afin d’assurer une mise en marché efficace et ordonnée de la volaille », peut-on lire sur la fiche au registre disponible en ligne.
Cette initiative est faite parallèlement à une demande de financement pour une nouvelle usine qui pourrait être construite à Saint-Hyacinthe (voir autre texte).
Au Québec, Olymel est Exceldor contrôlent 95 % du marché de l’abattage. Cette position est aujourd’hui vivement contestée par les Éleveurs de volailles du Québec, une organisation qui regroupe 826 membres.
« Il y a un abus de pouvoir des abattoirs. Nous voulons davantage de compétition pour pouvoir choisir l’endroit où nous faisons abattre nos volailles. Nous voulons briser les garanties d’approvisionnement dont profitent Olymel et Exceldor », indique en entrevue au COURRIER, Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec.
Selon des données compilées par cette organisation, la production de volailles au Québec se chiffre à 353 millions de kilos. De ce volume annuel, 332 millions de kilos prennent la direction des abattoirs d’Olymel et d’Exceldor.
« Chacune de ces entreprises est assurée d’abattre 166 millions de kilos de volailles par année », précise M. Leblanc qui est producteur avicole à La Présentation. Mon mandat comme président est de faire une mise en marché efficace et ordonnée de la volaille au Québec. »
Contrairement à Olymel et Exceldor qui fixent librement le prix de vente aux épiceries, le producteur de volailles doit se conformer à un prix fixe approuvé par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec.
« Le consommateur paye trop cher le poulet qu’il achète en raison de la marge que s’octroie l’abattoir. En plus, il manque actuellement de poulet dans les épiceries », mentionne Pierre-Luc Leblanc.
Au total, 40 jours ont été planifiés (il en reste 20 au calendrier) pour entendre les Éleveurs du Québec et l’Association des abattoirs avicoles du Québec dont le président est Yvan Brodeur qui occupe le poste de vice-président approvisionnement volaille chez Olymel.
La Régie des marchés agricoles et alimentaires rendra sa décision dans ce dossier au début de l’année 2018.

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