19 juillet 2012
Cas de maltraitance impliquant des enfants
Les employés du CSSSRY mieux outillésgrâce aux critiques du Protecteur du citoyen
Par: Le Courrier

Visé par le Protecteur du citoyen, le Centre de santé et des services sociaux Richelieu-Yamaska (CSSSRY) affirme n’avoir rien ménagé au cours des derniers mois pour accroître la formation et les connaissances de son personnel confronté à des situations de négligence ou de maltraitance impliquant des enfants en bas âge.

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L’établissement prétend avoir « mis en place les mesures nécessaires qui répondent aux recommandations du Protecteur du citoyen, et ce, à 98 % », assure Véronique Dumont, porte-parole du CSSS Richelieu-Yamaska.

Selon les informations fournies au COURRIER par la direction, quatre formations ont été offertes, depuis janvier dernier, aux intervenants qui travaillent en petite enfance. Celles-ci ont été données par des représentants de l’Agence de la Montérégie, du ministère de la Santé et des Services sociaux, de l’Hôpital Sainte-Justine et de la Protection de la jeunesse. Une formation à l’interne concernant la rédaction de notes au dossier et tenue de dossier reste à venir au mois de septembre.Tous ces gestes découlent des lacunes qui ont été mises en lumière par le Protecteur du citoyen dans un rapport sur un cas de maltraitance alléguée à l’endroit d’un bébé de 18 mois survenu dans la région de Saint-Hyaicnthe en janvier 2011.

Des lacunes

Ce rapport dont les détails ont été dévoilés par La Presse récemment est particulièrement critique à l’égard des décisions prises par deux employés du CSSS qui intervenaient auprès des parents du bébé au moment des incidents.

Il exprime des doutes quant à la capacité du personnel à départager les situations à haut risque de celles qui ne le sont pas. « Le Protecteur du citoyen estime que le personnel du CSSS disposait de l’information requise pour mener une analyse systématique de la situation et évaluer la pertinence de faire un signalement à la DPJ. Le personnel du CSSS n’a pas réalisé une telle analyse (…) Dans la présente situation, les services offerts aux enfants et à la famille ne prenaient pas en compte le risque élevé pour la sécurité et le développement des nourrissons et des tout-petits », peut-on lire dans le rapport obtenu par LE COURRIER.Rappelons que la victime avait été conduite à l’Hôpital Honoré-Mercier dans un piteux état. La veille de sa prise en charge, le père aurait enroulé son enfant dans une douillette pour qu’il cesse de pleurer et l’avait laissé à lui-même toute la nuit sur le plancher du salon, avant de le retrouver tout mou à leur réveil. Mais plutôt que de lui porter secours, ses parents, âgés de 18 et 24 ans, avaient décidé d’aller déjeuner au restaurant avant de l’amener au centre hospitalier sur la recommandation des grands-parents, le 3 janvier 2011. La fillette a été transférée à l’Hôpital Sainte-Justine, mais a conservé des séquelles permanentes à la suite des incidents. Selon le rapport du Protecteur du citoyen, la jeune mère enceinte de sept mois au moment du drame recevait de fréquentes visites d’une auxiliaire familiale et d’une infirmière du CSSS Richelieu-Yamaska. Bien que les intervenantes aient pris des notes qui font état de rougeurs et d’ecchymoses sur le corps de la fillette et de l’incapacité de la mère à modifier de manière permanente et durable ses habitudes et ses comportements, ni l’une ni l’autre n’a sonné l’alarme parce que le lien avec les parents était bon. « S’ils n’acceptent pas notre aide, nous allons signaler; si la mère se mobilise, on ne signale pas ou si le lien avec les parents est bon et que l’on pense que le signalement ne sera pas retenu, on ne signale pas », ont expliqué les intervenants du CSSS aux enquêteurs mandatés par le Protecteur du citoyen.Un proche de la famille aurait fait deux signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), soit l’une au mois d’août 2010 et l’autre en décembre 2010, deux semaines avant que le bébé ne soit asphyxié. Au moment du premier signalement, la DPJ aurait consulté le CLSC maskoutain avant de conclure que le couple avait un soutien suffisant. Après une étude du cas, le Protecteur du citoyen a fait une série de recommandations au CSSS Richelieu-Yamaska et à la DPJ. « Le CSSS devrait considérer cet événement exceptionnel comme une alerte et envisager le développement d’outils appropriés, le renforcement de la formation des intervenants et la mise en place de pratiques permettant de reconnaître en temps voulu les cas où le risque d’un tort sérieux à des nourrissons ou des tout-petits est élevé » note le Protecteur du citoyen. Il suggérait notamment au CSSSRY de revoir l’encadrement des intervenants en petite enfance et de leur offrir une formation adéquate pour leur permettre de reconnaître les risques auxquels sont exposés les enfants en bas âge.Le processus judiciaire qui devrait mener au procès du couple est toujours en cours au Palais de justice de Saint-Hyacinthe. La prochaine présence devant le tribunal est prévue le 1 er août, dans le but de fixer la date d’une enquête préliminaire. Le couple fait face à des accusations de voies de fait graves, de séquestration, de négligence criminelle ayant causé des lésions et de ne pas avoir fourni l’essentiel à l’existence de leur enfant.

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