15 mars 2012
Cégep de Saint-Hyacinthe
Les étudiants se prononcent
Par: Le Courrier

Les 4 000 étudiants du Cégep de Saint-Hyacinthe étaient invités à voter, hier mercredi, pour décider s’ils souhaitaient joindre le mouvement de grève générale contre la hausse des frais de scolarité, auquel plus de 160 000 étudiants prennent déjà part.

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Dans une effervescence palpable, plus de 2 200 étudiants ont d’abord participé à une période de discussion avant de se prononcer sur la proposition de grève générale de six jours, reconductible mercredi prochain. Le Regroupement des étudiants et des étudiantes du Cégep de Saint-Hyacinthe (Réécsh) avait mis en place un système de vote secret, pour éviter l’intimidation.

Advenant que le vote soit favorable, les étudiants étaient attendus sur les lignes de piquetage dès ce matin à partir de 7 h devant la porte principale de l’établissement. Un vote de grève de six jours assurait aussi la participation des étudiants du Cégep de Saint-Hyacinthe à la grande manifestation prévue à Montréal le 22 mars.La direction du Cégep avait pour sa part tout mis en place pour favoriser une participation maximale des étudiants, les encourageant à se prévaloir de leur droit de vote dans le calme. Les cadres et les agents de sécurité assuraient une présence constante aux abords des salles où étaient réunis les étudiants.L’administration avait aussi levé les cours prévus en après-midi à l’enseignement régulier pour favoriser la participation au vote. Ces plages horaires devraient être reprises dans l’après-midi du 17 mai.Rencontré au détour d’un corridor, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, le Maskoutain Léo Bureau-Blouin, avait fait le détour par son alma mater pour prendre le pouls de ses camarades.« Le vote d’un collège comme celui de Saint-Hyacinthe est important, parce que l’on souhaite montrer au gouvernement que le mouvement dépasse les frontières de Montréal, qu’il est partout au Québec », a-t-il expliqué, satisfait de l’enthousiasme et de la participation massive des étudiants maskoutains.« Faire la grève, c’est un sacrifice, mais c’est un sacrifice calculé qui en vaut la peine. Si nous bénéficions de frais de scolarité abordables aujourd’hui, c’est parce que d’autres ont fait le même sacrifice avant nous », a-t-il ajouté. Le président du Réécsh était pour sa part fébrile alors que les étudiants passaient au vote. « Depuis le retour de la relâche, nous avons constaté qu’une majorité des étudiants semblait en accord avec une grève, ultime recours pour se faire entendre auprès du gouvernement. Beaucoup d’étudiants se sont déplacés pour se faire entendre », a dit Anthony Chiasson-Leblanc.On comptait tout de même au collège sur une opposition à la grève bien organisée grâce à un membre élu au conseil du regroupement étudiant. James Anthony Roy, un décrocheur qui est de retour sur les bancs d’école cette année en technique de soins préhospitaliers d’urgence, souhaitait d’abord et avant tout un vote équitable. « Je voulais que le taux de participation soit fort et représentatif de tous les étudiants. Pour y arriver, il fallait jouer selon les règles du jeu, se faire élire à l’association et confronter les idées plutôt que de ne présenter qu’un point de vue », a-t-il fait remarquer, en soulignant qu’il se rallierait à la décision populaire si la grève devait s’enclencher.Force est d’admettre qu’au chapitre de la participation, les deux camps auront remporté leur pari.Au moment de mettre sous presse, le dépouillement du vote allait bon train. Les résultats seront disponibles sur le site www.lecourrier.qc.ca dès qu’ils nous auront été communiqués.

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