25 octobre 2018
Les excursions au XIXe siècle (1)
Par: Le Courrier
Publicité de la compagnie Grand Tronc publiée dans « St-Hyacinthe Illustré », Vol. 1 décembre 1886. Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH478

Publicité de la compagnie Grand Tronc publiée dans « St-Hyacinthe Illustré », Vol. 1 décembre 1886. Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH478

Aujourd’hui, les moyens de transport sont multiples afin de permettre à la population de voyager et de se divertir. Pour les Maskoutains du XIXe siècle, les moyens étaient somme toute assez limités et les distances paraissaient beaucoup plus longues qu’aujourd’hui.

Le 27 décembre 1848, « deux cents personnes prennent part au voyage inaugural du chemin de fer du Saint-Laurent et de l’Atlantique » qui va de Longueuil à Saint-Hyacinthe. En plus d’être la première excursion en train dont la destination est Saint-Hyacinthe, il faut souligner en caractère gras cette date importante. L’arrivée de ce premier train demeure une étape cruciale pour notre ville, car dans son sillage, ce train amène la modernité.

Cette modernité que l’on observe dans les différentes sphères de l’activité humaine est également présente lorsqu’il s’agit de sports et de loisirs. « Ces manières d’être, de vivre et de penser sont intimement liées aux grandes transformations qui se sont produites dans la société occidentale à travers les âges. Plus que de simples miroirs, les sports et les loisirs sont étroitement liés aux fondements économiques, sociaux, culturels et politiques d’une époque donnée, ils en partagent aussi les mutations », affirme l’historien Laurent Turcot.

Les premières excursions

Au cours du mois de mars 1849, « le chemin de fer du Saint-Laurent et de l’Atlantique annonce deux départs par jour vers Longueuil ». Si les Maskoutains peuvent désormais se rendre vers Montréal plus rapidement, l’inverse est également vrai. Le 11 juillet 1850, le journal La Minerve publie une annonce qui informe ses lecteurs qu’il y aura un « Voyage de Plaisir à Saint-Hyacinthe par le chemin de fer, dimanche prochain ». L’année suivante, il semble que des voyages du genre soient plus fréquents comme l’affirme une publicité parue dans La Minerve du 23 août 1851 : « Un grand nombre de personnes de la plus haute respectabilité ayant patronisé les voyages de plaisir à St.Hyacinthe, des arrangements ont été faits pour une ou deux autres excursions avant la clôture de la saison. »

Mais pour quelles raisons, les villégiateurs viennent-ils se divertir dans notre ville? Dans un premier temps, il faut savoir qu’à cette époque, une piste de chevaux d’un mille est aménagée sur les terrains où se déroule aujourd’hui l’exposition agricole. Cette piste, connue sous le nom d’hippodrome Laframboise, de rond Laframboise et de parc Laframboise, amène un certain lot de visiteurs, tant pour les courses de chevaux que pour d’autres activités de plein air.

En plus de cette infrastructure importante, il semble que les Maskoutains soient très accueillants, ce qui contribue à faire de Saint-Hyacinthe une destination touristique. Par exemple, le 23 août 1853, le journal La Minerve résume les activités d’un pique-nique des pompiers de Montréal tenu à Saint-Hyacinthe. On apprend que leurs confrères de Saint-Hyacinthe les attendent à la gare dès 8 heures le matin pour les accueillir. Après cet accueil fraternel, les deux groupes paradent dans les rues de la ville. Puis, les pompiers de Montréal font un exercice avec une pompe qu’ils ont apporté pour l’occasion.

Par la suite, le maire Louis-Antoine Dessaulles offre des rafraichissements. À deux heures en après-midi, environ deux cents personnes participent à un grand dîner où on lève les verres à plusieurs reprises. Finalement, c’est le retour à Montréal. Voilà un témoignage qui en dit long sur l’hospitalité des Maskoutains de cette époque.

Destination Saint-Hyacinthe

Au XIXe siècle, ces voyages organisés sont fréquents et permettent de souder des liens entre des travailleurs ou des membres de diverses associations. À plusieurs reprises, Saint-Hyacinthe est choisie comme destination afin que les voyageurs profitent de ses attraits.

Ainsi, le 12 août 1886, les épiciers de Montréal tiennent leur pique-nique annuel sur le rond de course à Saint-Hyacinthe. Un article de La Presse du 13 août 1886 aborde l’événement : « Environ 2000 personnes sont parties de la gare Bonaventure pour participer aux divers amusements. Parmi les différentes courses, celle à bicyclette sur une distance de trois milles a été la plus intéressante ». Afin de prolonger le plaisir, on offre de nombreux prix aux gagnants et participants qui retournent gaiement à Montréal après une belle journée de plein air.

Au cours des années suivantes, d’autres pique-niques sont organisés à Saint-Hyacinthe : mentionnons les boulangers en 1887, les typographes en 1890, les employés de la compagnie de chemin de fer de Drummondville en 1892 et les cordonniers de Montréal en 1899.

À suivre…

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