8 avril 2021
Négociations dans le secteur public
Les profs s’impatientent
Par: Rémi Léonard

Action de visibilité réalisée par les enseignants le 22 mars à l’école Lafontaine. La prochaine étape dans leurs moyens de pression consiste en une courte grève le 14 avril dans toutes les écoles de la région. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Les moyens de pression entrepris par les enseignants dans le cadre des négociations en cours avec le gouvernement ont grimpé d’un cran le 1er avril avec l’annonce de la tenue d’une grève « de courte durée » prévue pour le 14 avril. Près d’une cinquantaine de centres de services scolaires seront touchés, dont celui de Saint-Hyacinthe, en plus de neuf commissions scolaires du réseau anglophone.

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Concrètement, le mandat de grève s’exercera le 14 avril entre minuit et 9 h 30 le matin. Ce débrayage éclair vise à « perturber l’administration scolaire tout en minimisant les répercussions sur les services éducatifs », indique le communiqué syndical. La journée débutera vraisemblablement en retard sur l’horaire habituel, mais les élèves ne manqueront pas une journée complète.

En escalade

Dans la région, les enseignants sont sortis dans la rue à quelques reprises dans les dernières semaines, par exemple lors d’une manifestation devant les bureaux de la députée Chantal Soucy le 15 mars ou lors d’une action de visibilité tenue simultanément à trois endroits le 22 mars, chaque fois pour dénoncer l’inaction du gouvernement à la table des négociations. Leur convention collective est échue depuis maintenant un an.

Rencontré sur place, le président du Syndicat de l’enseignement Val-Maska (SEVM), Patrick Théroux, avait en effet déploré le blocage des pourparlers nationaux, une situation qui tranche avec les affirmations du gouvernement voulant qu’il fasse de l’éducation sa priorité. Les enseignants réclament de meilleures conditions de travail pour offrir des services de qualité aux élèves, incluant ceux en difficulté, avait résumé M. Théroux. « La tâche enseignante s’est complexifiée dans les dernières années et la pandémie est venue le mettre en lumière », a-t-il plaidé.

Les demandes syndicales portent entre autres sur une meilleure composition des classes, un allègement de la tâche, des ajouts de services, de meilleurs salaires et moins de précarité. Puisque la pénurie de personnel continue de sévir, il faut en effet trouver un moyen « d’attirer du monde » vers la profession, faisait valoir le président du SEVM.

Les rassemblements du 22 mars ont eu lieu aux écoles Sacré-Cœur et Lafontaine, à Saint-Hyacinthe, et à la Polyvalente Robert-Ouimet, à Acton Vale, et ont regroupé environ 200 enseignants au total, selon Patrick Théroux. Les écoles ont été choisies spécifiquement afin de condamner les coupures de traitement qui ont été appliquées aux enseignants dans ces écoles dans le cadre de l’exercice de leur moyen de pression, qui consistait à réaliser du travail personnel lors des journées pédagogiques. L’action avait lieu sur l’heure du dîner.

Le syndicat détient toujours un mandat de grève de cinq jours « à utiliser au moment opportun ». D’autres débrayages de courte durée pourraient ainsi se reproduire ou même être « combinés ou alternés » avec d’autres grèves, indique le communiqué de la Fédération des syndicats de l’enseignement du Québec, affiliée à la CSQ. « On nous dit toujours que ce n’est pas le bon moment pour faire la grève. Malheureusement, la coupe est plus que pleine, la profession est en crise et il faudra des améliorations notables pour attirer et retenir les enseignants », a affirmé la présidente de la Fédération, Josée Scalabrini.

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