21 avril 2016
Les travailleurs des résidences pour aînés veulent 15 $ de l’heure
Par: Rémi Léonard
Une dizaine de travailleurs ont manifesté aux abords de la rue Saint-Pierre lors du passage du COURRIER. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Une dizaine de travailleurs ont manifesté aux abords de la rue Saint-Pierre lors du passage du COURRIER. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les travailleurs de la résidence privée Sainte-Marthe à Saint-Hyacinthe ont manifesté vendredi dernier sur leur heure de dîner pour réclamer de meilleures conditions de travail.

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La revendication principale de cette action coordonnée au même moment dans une cinquantaine de résidences privées pour aînés à travers le Québec est l’obtention d’un salaire plancher de 15 $ de l’heure. C’est le « minimum pour vivre convenablement » selon le syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES), affilié à la FTQ.

À titre d’exemple, un nouveau préposé aux bénéficiaires dans cette résidence maskoutaine gagne 11 $ de l’heure et le plus haut échelon salarial pour le poste est à 12,40 $ pour chaque heure travaillée, d’après la dernière convention collective. « Ce n’est pas suffisant pour prendre soin des personnes âgées en perte d’autonomie », a dénoncé le conseiller ­syndical Simon Christin lors de la manifestation. Au public, le même poste en CHSLD est rémunéré entre 18,85 $ et 20,70 $ de l’heure.

Quelles conséquences?

La rémunération actuelle est une « honte » a déclaré en entrevue le président du SQEES, Richard Belhumeur, qui parle « d’un salaire de misère ». Le secteur se ­retrouve avec « des problèmes d’attraction et de rétention du personnel » qui affecte la qualité des services d’après lui, puisque les employés sont moins expérimentés. La stabilité du contact humain est pourtant très importante pour les aînés en résidence, a-t-il ajouté.

À Saint-Hyacinthe, Simon Christin confirme que le taux de roulement et de ­recrutement ne sont pas optimaux. ­Pendant ce temps, « c’est très rentable pour ces groupes [d’exploitants de ­résidences privées] parce qu’ils investissent énormément en ce moment », estime le conseiller syndical, appelant à une meilleure redistribution de ces bénéfices. La résidence Sainte-Marthe est opérée dans le secteur Saint-Joseph par le groupe Chartwell, qui détient 175 résidences au pays.

L’objectif à court terme du syndicat local est de s’asseoir rapidement avec l’employeur pour négocier le seuil de 15 $ de l’heure, mais aucune rencontre n’a été obtenue jusqu’ici, déplore Simon Christin. Leur convention collective est échue depuis le 11 mars dernier.

Dans 70 résidences privées où les travailleurs sont affiliés au SQEES, « les votes de grève se prennent présentement », ­indique Richard Belhumeur, qui évoque un déclenchement en mai, en respect de la loi sur les services essentiels. Simon Christin promet que les travailleurs maskoutains se feront voir de nouveau d’ici là.

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