18 janvier 2018
Susan Shannon (1958-2018)
L’ÉSSJ en deuil
Par: Rémi Léonard
Susan Shannon était une enseignante particulièrement appréciée à l’ÉSSJ, où son départ a provoqué une vague de tristesse, mais aussi d’hommages sentis.

Susan Shannon était une enseignante particulièrement appréciée à l’ÉSSJ, où son départ a provoqué une vague de tristesse, mais aussi d’hommages sentis.

L’École secondaire Saint-Joseph (ÉSSJ) pleure cette semaine la perte de l’une de ses enseignantes, Susan Shannon, emportée par le cancer à l’âge de 59 ans. Depuis dimanche, les témoignages élogieux provenant de collègues, amis, élèves et anciens n’arrêtent plus d’affluer, preuve que Susan a su marquer une quantité étonnante de personnes au fil de ses 35 années d’enseignement.

Ses grandes complices Carole Dubeau et Hélène Morneau, qui ont aussi enseigné plus d’une trentaine d’années à l’ÉSSJ, retiennent avant tout les grandes qualités humaines de Susan. « Elle était toujours à l’affût de ce que les gens vivaient, toujours à l’écoute », se souvient Carole Dubeau. Hélène Morneau a raconté que, tout récemment, Susan s’inquiétait de son état parce qu’elle n’avait pas donné de nouvelles après un rendez-vous médical. « C’était il y a dix jours… et elle s’inquiétait encore des autres », a exposé Hélène Morneau pour illustrer toute l’empathie de sa grande amie.
Sœur Robertine Roy, qui l’a connue à ses débuts à l’ÉSSJ, n’hésite pas à dire que Susan était « l’incarnation même des valeurs de l’école ». En tant que directrice, elle peut témoigner que l’enseignante en anglais était une femme de conviction. « Susan n’hésitait pas à donner son avis sur les décisions de la direction, mais toujours dans un souci d’améliorer l’école. C’était une femme d’une droiture exceptionnelle », a-t-elle certifié.
L’école perd un pilier
« C’était plus qu’une enseignante…», assure Mylène Gaudette, qui est aujourd’hui professeure à l’ÉSSJ, mais qui a d’abord connu Susan comme élève. « C’était un pilier de l’organisation », complète Carole Dubeau en rappelant que Susan s’est impliquée dans un nombre incalculable de projets au sein de l’école.
Le directeur général actuel, Jean-François Racine, a décrit Susan – dans un message senti qui a beaucoup circulé dans l’école – comme « celle qui a toujours su ensoleiller notre quotidien par sa simple présence, celle qui a mis tout son cœur pour le bien de toutes et de tous […], celle qui a rayonné par son sourire, sa bonne humeur et sa joie de vivre et qui, par le fait même, nous aura fait vivre tant de moments inoubliables qui resteront gravés en nos cœurs ».
« C’est la meilleure personne que j’ai jamais connue », a affirmé avec émotion sa collègue Julie Vallée. Elle savait instaurer dans sa classe « le parfait mélange entre le plaisir et le travail », a pour sa part commenté Charles Péloquin, qui a été l’élève de Susan l’an dernier, jusqu’à ce qu’elle doive quitter son poste en avril. « J’aurais aimé l’avoir cette année », a-t-il ajouté. La triste nouvelle, qui a été annoncée ce lundi à l’école, a d’ailleurs touché bien des élèves, même ceux qui ne l’avaient pas eu comme professeure, tellement elle était connue et aimée de son milieu.
La vague a également rejoint des anciens, comme Nadine Fréchette et Marie-Lou Foisy, deux enseignantes de la polyvalente Hyacinthe-Delorme qui ont été dans la classe de Susan Shannon pendant leur jeunesse. « Elle était toujours tournée vers l’autre et attentive aux gens autour d’elle », s’est rappelé Marie-Lou, qui n’hésite pas à la citer en modèle. « Je résumerais le climat dans sa classe en trois mots : calme, bienveillance et plaisir », affirme pour sa part Nadine, qui a admiré la confiance que Susan inspirait et ses compétences relationnelles. Devenues toutes deux enseignantes, elles cherchent maintenant à faire perdurer les valeurs de leur ancienne professeure d’anglais.
Une autre ancienne de l’école, Annie Simard, s’est dite particulièrement reconnaissante envers Susan pour « avoir su reconnaître en [elle] l’ouverture aux autres et [lui] avoir donné envie de développer cette habileté ». Un encouragement nécessaire à l’adolescence, une période où les jeunes se cherchent souvent. Même si elle n’a pas eu l’occasion de lui dire, l’impact de Susan a visiblement été déterminant pour Annie, puisqu’elle est par la suite devenue psychologue.
Son secret?
Devant toutes ces vies marquées par Susan ,qui ne représentent en fait qu’un petit échantillon de tout l’héritage qu’elle laisse, on ne peut s’empêcher de se demander comment elle faisait pour être si inspirante. Peut-être qu’elle aimait sincèrement ses élèves, tout simplement, ont avancé plusieurs voix différentes.
Même dans ses derniers moments, « elle nous a montré une autre façon de vivre la maladie », a souligné Mylène Gaudette, qui a été impressionnée par son positivisme et sa résilience durant son combat contre la maladie. « Un enseignant, selon moi, ça nous apprend la vie, pas seulement la matière, mais Susan nous a aussi appris à mourir », a ajouté gravement Carole Dubeau.
Dans son message d’adieu, Jean-François Racine termine en mentionnant que Susan a été pour ceux qui l’ont connu « un cadeau du Ciel, une amie, une confidente, un modèle, une alliée, une conseillère, une collègue précieuse, une enseignante dévouée, une personne sur qui on pouvait toujours compter et surtout, une femme de cœur qui aura marqué le nôtre à jamais ».
Ses funérailles auront lieu à la basilique-cathédrale Sainte-Cécile, à Salaberry-de-Valleyfield, d’où elle est originaire, le samedi 27 janvier à 13 h. Un autobus partira de l’ÉSSJ pour ceux qui désirent s’y rendre en groupe, a indiqué M. Racine.

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