26 mars 2020
Pandémie de la COVID-19
L’impensable
Par: Martin Bourassa

Il ne faut plus se surprendre de rien. Ce qui nous semblait impensable il y a une semaine apparaît soudainement bien anodin. Il y a une semaine notre ami André Brochu estimait impensable d’imaginer la fermeture des Galeries St-Hyacinthe.

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Dimanche, le premier ministre a pourtant mis fin à la récréation en prolongeant la fermeture des écoles jusqu’au 1er mai et en ordonnant la fermeture des centres commerciaux demeurés pour plusieurs personnes âgées un lieu de rassemblement de prédilection, même en temps de coronavirus. Aux grands maux, les grands remèdes.

Dans les faits, nos Galeries étaient pratiquement déjà fermées la semaine dernière avec quelque 80 boutiques inopérantes. Question de vocabulaire. Et cette semaine, il reste ouvert le IGA, le Medicus, le Jean Coutu et sa clinique ainsi que certains bureaux gouvernementaux. Toutes les aires communes sont interdites, une bonne chose de fait.

Puis, François Legault a fermé le robinet économique à double tour à peine 24 heures plus tard en ordonnant la fermeture de tous les commerces et les entreprises non essentiels pour une période de trois semaines. L’impact sera pénible et lourd de conséquences, n’en doutons pas. Pour motiver ce geste extraordinaire, il venait de rendre publiques les dernières données sur la progression fulgurante du virus maudit. Des données qui ont frappé l’imaginaire collectif, même si le gouvernement avait changé sans avertissement sa façon de présenter les résultats du jour.

Aux cas confirmés après deux tests positifs, il inclut depuis lundi les cas positifs après un seul test. Et comme on a testé davantage ces derniers jours et que les résultats sortent plus rapidement, les statistiques et la courbe se sont emballées, malgré toutes les mesures de confinement déjà déployées. Il fallait donc faire encore davantage dans l’espoir d’aplanir cette fameuse courbe et pour faire comprendre aux incrédules tout le sérieux de la situation. Le message qu’il faut retenir et faire passer est le suivant : la bataille est encore très loin d’être gagnée et nous ne sommes plus à un sacrifice près. La situation actuelle n’a rien d’un camp de vacances ou d’un congé de la construction. Des gens souffrent déjà et la situation sanitaire, sociale et économique va se dégrader encore avant de s’améliorer. Et même si plusieurs nous parlent déjà de préparer l’après COVID-19, le présent exige pas mal toute notre attention et nos énergies.

Plus que jamais, il faut faire attention à nous et à nos proches. Et veiller à bonne distance sur tous les autres avec compassion et bienveillance.

Vivement la découverte d’antiviraux efficaces et d’un vaccin. Le retour à une vie plus normale en dépend, même si on devine que l’après ne sera pas une copie conforme de l’avant. Et le plus tôt sera le mieux. Chapeau enfin aux organismes communautaires de chez nous. La meilleure nouvelle de la semaine, oui il y en a encore, fut d’apprendre que les bénévoles prêts à s’impliquer affluent au centre de bénévolat.

Je reconnais bien là les Maskoutains.

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