7 novembre 2013
L’impudence
Par: Pierre Bornais
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Terme savant ne faisant pas partie du langage journalier et référant au cynisme et à l’effronterie d’une personne.

On la désigne plus volontiers comme « ayant du front tout le tour de la tête ». Et une fois encore, le chapeau – c’est le cas de le dire – semble confectionné sur mesure pour monsieur Harper. Depuis un certain temps, ce dernier occupe une place de « favori » dans cette chronique. Il ne se passe pas une semaine sans qu’il n’intervienne dans des dossiers souvent controversés; toujours pour plaider son bon droit et blâmer les autres. En s’appuyant comme il se doit sur un conservatisme rigoureux et bien peu soucieux des effets qui en découlent sur les moins bien nantis de la société. Sa « prestation » la plus récente concerne son verdict sans appel des sénateurs nageant en pleines eaux troubles. Après avoir été impliqué par son « ami » Duffy, dans une histoire rocambolesque de dépenses injustifiées et le rôle de son entourage, monsieur Harper a sorti sa veste en téflon pour proclamer sa totale innocence. Il a fait plus dans le cadre du congrès de son parti. Il s’est posé en champion de la droiture et de la saine gestion, rendant responsables de la situation les « autres », dans l’opposition et même dans son entourage. Le double langage ne semble même pas l’importuner, pourvu qu’il soit le dernier à s’exprimer et qu’il estime avoir raison. Dans cette affaire du Sénat, il a tout fait pour éviter de prendre la responsabilité qui lui incombe comme premier ministre. Il a même affirmé qu’un membre important de son personnel politique avait démissionné, avant de dire quelques semaines plus tard l’avoir remercié. Et personne n’a le droit de le contredire, sous peine d’être pointé du doigt par le Grand Maître de la pureté. Quelle impudence!

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