18 octobre 2012
Longue vie à Broue!
Par: Le Courrier

Après 33 ans, la comédie théâtrale Broue, qui met en vedette les comédiens Michel Côté, Marcel Gauthier et Marc Messier, fait toujours salle comble. Mais toute bonne chose a une fin, à entendre les trois acteurs qui ne cachent pas leur intention à fermer les rideaux au printemps 2014. Ils seront toutefois de retour à Saint-Hyacinthe d’ici là, les 24 et 25 janvier 2014, « probablement pour la dernière fois ».

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En spectacle la semaine dernière au Centre des arts Juliette-Lassonde, le trio a donné, mercredi, sa 3 085 e représentation. En entrevue au COURRIER avant d’entrer sur scène, ils ont fait un retour sur le plus grand succès du théâtre québécois pour lequel ils ont obtenu, en 2006, le record mondial de longévité, selon le livre Guiness des records.

Inspirés par l’annonce du Parti québécois qui voulait, à l’époque, fermer les tavernes au Québec afin de favoriser la légalité des sexes, dix auteurs, dont les trois comédiens, se sont livrés à l’écriture de sketches sur le monde des tavernes et les habitués qui s’y succèdent. « On cherchait des textes qui permettaient tout, avance Marcel Gauthier. C’était un peu cela l’idée de départ! Avoir des thèmes universels et beaucoup de personnages. »Parmi les textes sélectionnés, quelques éléments maskoutains sont restés sur papier, soit le nom de la Taverne Chez Willy, anciennement situé à Saint-Hyacinthe dans la côte de la rue Saint-Denis, de même que le nom de deux barmans maskoutains, appelés Bob et Bonin.Marc Messier qui a étudié en interprétation à l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe se souvient des lieux et des deux hommes en question. « Quand j’étais étudiant, mes camarades de classe et moi y allions à l’occasion. C’était un bar classique pour étudiants », relate-t-il. C’est le 21 mars 1979 que Côté, Gauthier et Messier ont présenté Broue pour la première fois au Théâtre des Voyagements, qu’ils ont fondé avec Véronique Le Flaguais. « À l’époque, on croyait jouer la pièce à peu près un mois parce que c’était la durée normale, tout comme aujourd’hui, explique Marc Messier. Étant donné que le théâtre nous appartenait, on s’est mis à l’affiche. On a ensuite commencé à jouer dans les grandes salles et le reste, c’est l’histoire. Cela va faire 34 ans au mois de mars! »« On a toujours pris cela une journée à la fois, renchérit Michel Côté. À l’époque, on jouait 190 fois dans une année. Quand on est revenu des États-Unis, on s’est dit que l’on irait par tranche de trois ans. Le temps a passé et on a pris la décision à un moment de jouer moins souvent, mais plus longtemps. » Pendant tout ce temps, les trois acteurs ne cachent pas avoir eu à faire des mises au point et instaurer des règles strictes. « C’est sûr que l’on se disputait comme des coqs de trente ans à une époque. Mais on avait une volonté commune. On savait que cela pourrait marcher longtemps et c’était notre bébé. On a créé notre emploi avec cela. C’est inespéré! Juste au théâtre, c’est rare », poursuit Michel Côté.Avec des auteurs tels que Claude Meunier, qui ont marqué le Québec, cette comédie renferme une « mécanique implacable du rire ». Et parmi les éléments qui font de cette pièce un succès, le timing, selon Marc Messier, est une priorité de même que le jeu des acteurs. Mais le sujet reste un terreau fertile. « Ce sont des personnages qui n’ont pas l’air de dire grand-chose d’intelligent, mais la pièce est intelligente », avance Michel Côté.« Et tous les genres de public y trouvent leur compte, poursuit Marcel Gauthier. Parce que l’on y retrouve tous les genres de comédie, même la commedia dell’arte! »Le trio voulant bientôt mettre un terme aux représentations, la pièce serait grandement intéressante pour de jeunes acteurs. « On peut s’amuser beaucoup avec la psychologie des personnages et c’est important pour un comédien! C’est un show d’acteurs! Les étudiants en théâtre pourraient avoir du plaisir à faire cette pièce. On la jouait à trois, mais avec tous les personnages qui sont dans cette pièce, elle peut être jouée à dix-huit acteurs », conclut Michel Côté.

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