5 juillet 2012
Louis-Marie Philie fait flèche de tout bois
Par: Maxime Desroches

Le Maskoutain Louis-Marie Philie est certainement l’une des références au Québec en ce qui a trait au tir à l’arc. Adepte de la discipline depuis l’âge de 10 ans, il n’a jamais délaissé la compétition et continue de consacrer entre 15 et 25 heures par semaine à son sport. À la fin avril, l’homme de 58 ans a été sacré champion provincial à l’épreuve de tir intérieur.

De toutes les qualités requises pour devenir un véritable tireur d’élite, M. Philie, également deuxième au Canada lors du championnat national, en mars, identifie la persévérance comme étant la principale. C’est d’ailleurs l’absence de celle-ci qui, selon son expérience, fait en sorte que la relève est quasi inexistante au Québec.

« Pour les jeunes, c’est dur de concevoir que cela puisse prendre plus que deux à trois mois avant de figurer parmi les meilleurs. Plusieurs d’entre eux ne sont pas prêts à mettre les heures de pratique au champ de tir nécessaires pour devenir un tireur d’élite », observe celui qui occupe les fonctions de président du club Les Flèches Maska depuis une dizaine d’années.

Place au tir intérieur

Le tir intérieur est désormais pratiqué à Saint-Hyacinthe, puisque l’école secondaire Fadette a aménagé une salle de tir il y a maintenant trois ans. Débutant en septembre, les séances, réparties en huit semaines, ont attiré plusieurs curieux, mais peu d’entre eux ont persisté.

Malgré tout, Louis-Marie Philie ne perd pas espoir de voir son sport gagner en popularité. Il s’encourage plutôt de voir que The Hunger Games, une production américaine ayant fait un malheur auprès des jeunes, semble attiser l’intérêt de plusieurs.« La Fédération de tir à l’arc du Québec a sorti récemment les chiffres d’un sondage qui démontrait que le film a eu un impact positif sur la pratique du tir à l’arc. J’étais sceptique au départ, mais je constate maintenant que l’engouement est bien réel sur la Rive-Sud et dans la région métropolitaine. J’ai reçu de nombreux appels de gens qui désirent s’y initier. C’est une belle visibilité. D’ailleurs, le club affiche presque complet pour la session intérieure d’automne », précise-t-il.

Se rapprocher des 600 points

Pratiqué à une distance de 18 m, le tir intérieur utilise une cible divisée en 10 zones de pointage (1 à 10). Lors d’une routine, 60 flèches sont décochées, de sorte que le maximum de points à atteindre est de 600.

Les meilleurs tireurs à l’arc québécois, dont Louis-Marie Philie fait partie, réussissent normalement à cumuluer autour de 570 points, tandis que l’élite mondiale se rapproche souvent de la perfection, à 595.« Comme dans plusieurs sports, la progression se fait peu à peu. Au-delà des points techniques que l’on peut améliorer ou corriger, il y a aussi la force de concentration qui entre dans l’équation. Être capable d’entrer dans sa bulle et de faire abstraction de ce qui t’entoure, ce n’est pas donné à tout le monde. »C’est sans doute cette qualité qui explique en partie pourquoi les Coréens et les Japonais figurent parmi les meilleurs tireurs au monde, surtout chez les femmes, qui sont plus souvent « plus zen car elles se posent moins de questions que les hommes ».À l’aube de la soixantaine, Louis-Marie Philie n’a pas perdu une once de sa passion pour le tir à l’arc. L’ancien technologue en médecine nucléaire, maintenant à la retraite, entend continuer à compétitionner chez les 50 ans et plus (dans la catégorie qu’on appelle Masters).« Le temps consacré à l’administration du club et aux cours d’initation m’ont forcé à réduire mes heures à l’entraînement. Mais tant que la santé sera là, on pourra me trouver dans un champ de tir. C’est certain toutefois qu’il faut écouter son corps! (il s’est blessé à une épaule en poussant un peu trop la note au championnat provincial). »

Un grand bâtisseur

Le tireur à l’arc maskoutain conclut en rappelant qu’il doit beaucoup à Marcel Sauvageau, fondateur des Flèches Maska en 1964, et décédé en 2010.

« Marcel et son fils Guy ont beaucoup contribué à faire connaître le tir à l’arc dans la région. Il se sont aussi montrés très généreux en léguant au club plusieurs pièces d’équipement lors du décès de Marcel. »

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