11 février 2021
Éducation
Mandat de grève pour les enseignants
Par: Rémi Léonard

Une action de visibilité syndicale tenue à Saint-Hyacinthe au début des négociations avec le gouvernement, il y a tout juste un an. Photothèque | Le Courrier ©

Comme à bien d’autres endroits au Québec, les enseignants de la région se sont dotés récemment d’un mandat de grève de cinq jours pour tenter de faire progresser les négociations entourant le renouvellement de leur convention collective.

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Au Syndicat de l’enseignement Val-Maska (SEVM), qui représente 1300 enseignants à travers les MRC d’Acton et des Maskoutains, les membres ont appuyé ce moyen de pression dans une proportion de 91 %. « Ils veulent que ça bouge aux tables de négociations », a résumé leur président Patrick Théroux, déplorant que les pourparlers soient présentement « au point mort ». C’est pourtant la partie patronale qui a convenu de renouveler les conventions collectives malgré le contexte pandémique. « On avait proposé d’attendre un an », a rappelé le président du SEVM. Leur convention est échue depuis mars 2020.

Puisque le gouvernement Legault a désigné l’éducation comme sa priorité nationale, Patrick Théroux l’invite à le démontrer concrètement en donnant les mandats nécessaires pour faire avancer les choses à la table de négociations. Les journées de grève pourront être utilisées « au moment opportun », indique simplement le syndicat.

Le SEVM réclame de « réelles avancées » pour la profession. « La tâche enseignante s’est complexifiée dans les dernières années et la pandémie est venue le mettre en lumière », a soutenu Patrick Théroux en entrevue COURRIER. Le fardeau est d’autant plus lourd en raison de la pénurie de main-d’œuvre, a-t-il aussi rappelé. Rien pour aider, il rapporte même voir une ou deux démissions par semaine ces derniers temps parmi ses membres. Décrivant des collègues « essoufflés » depuis le printemps, Patrick Théroux convient « qu’attirer du monde en ce moment, ce n’est pas évident ».

Les enseignants réclament donc de meilleures conditions de travail et de meilleures conditions salariales, mais veulent surtout être en mesure de s’occuper convenablement des élèves aux besoins de plus en plus particuliers. Plusieurs demandes syndicales visent ainsi un allègement de la tâche enseignante, notamment des heures de surveillance qui pourraient être mieux rentabilisées par les profs, donne en exemple Patrick Théroux. La partie syndicale vise aussi à ce que la composition des classes prenne en compte le nombre d’élèves en difficulté pour éviter qu’un enseignant se retrouve surchargé avec de nombreux plans d’intervention dans un même groupe. M. Théroux déplore aussi une disposition avancée par la partie patronale qui ferait en sorte que les enseignants à la formation professionnelle et aux adultes soient disponibles toute l’année.

Même s’il est bien conscient des désagréments que provoquerait pour la population le déclenchement d’une éventuelle grève, le président du SEVM juge cette mobilisation nécessaire pour que les enseignants puissent offrir des services de qualité aux élèves.

L’assemblée générale de grève s’est exceptionnellement déroulée de manière virtuelle le 26 janvier vu le contexte actuel, avec un taux de participation atteignant 51 %, a rapporté le SEVM, qui est affilié à la Fédération des syndicats de l’enseignement et à la Centrale des syndicats du Québec.

Peu après l’assemblée locale, organisée dans la foulée de plusieurs autres votes de grève à travers le Québec, La Presse canadienne rapportait le 4 février qu’une rencontre avait eu lieu entre la présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel, et les instances syndicales, ce qui pourrait potentiellement paver la voie à une avancée dans les négociations.

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