7 novembre 2013
Manque d’éthique et de respect à l’Hôpital Honoré-Mercier
Par: Le Courrier
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Partout où j’ai travaillé avec le public durant ma vie, j’ai composé avec des règles d’éthique visant à rendre le client le plus à l’aise possible et à éviter qu’il se sente offusqué ou lésé dans ses droits.

Coiffeur, j’usais d’une politesse impeccable en assoyant mes clients sur leur chaise et je calculais tous mes propos et gestes en fonction de la proximité ou de la distance qu’ils s’attendaient à ce que je partage avec eux. Concierge dans plusieurs écoles primaires, je me gardais d’entrer dans les toilettes quand des élèves s’y trouvaient ou d’entrouvrir des portes fermées lors d’examens ou de rencontres avec des parents. Je respectais cette éthique non seulement parce que mon rôle l’exigeait, mais aussi parce que je trouvais cela tout à fait normal. Dites-le-moi si j’ai tort, mais j’estime que nous devrions avoir les mêmes droits lors de nos pénibles passages dans les hôpitaux! Pénibles, vous êtes certainement d’accord avec moi si vous y allez assez régulièrement. Je vous raconte aujourd’hui la petite histoire que j’ai vécue lors d’une échographie que j’ai passée à l’Hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe le 10 septembre, entre 8 h 15 et 8 h 45. J’ai mon rendez-vous à 8 h. Je me présente au comptoir où je n’ai droit à aucun sourire. On me demande de me dévêtir partiellement et d’enfiler une jaquette bleue avant d’aller m’asseoir dans une salle où se trouvent déjà quatre personnes. On nous appelle l’un après l’autre très rapidement. Je ne m’en réjouis pas parce que je sais par expérience que je devrai attendre encore un peu, seul dans une minuscule pièce austère. La différence est que j’aurais bien apprécié être seul durant cette attente alors que je n’étais pas dans mon plus bel apparat. Un technicien était venu remonter ma jaquette jusqu’au cou et je ne me sentais pas à mon meilleur, la bedaine à l’air, en bobettes avec mes souliers et mes beaux bas noirs! Et voilà qu’un monsieur avec des petites lunettes et un nez pointu, dans la cinquantaine, ouvre la porte pour pointer son visage et parcourir la pièce d’un regard furtif! Bon, il n’y a pas de quoi fouetter un chat que je me dis… sauf qu’ensuite, il recommence une seconde fois, puis une troisième et une quatrième en laissant la porte entrouverte cette fois-ci! Puis vient la cerise sur le sundae. Entrent une jeune et jolie demoiselle accompagnée d’une dame plus âgée. Toutes deux sans sourire. Elles commencent à discuter comme si je n’existais pas. Puis, elles s’interrompent pour me dire : « Faites comme si on n’était pas là », ce qui me semble dans les circonstances beaucoup plus simple à dire qu’à faire! Puis, elles commencent à pointer du doigt tous les recoins de la pièce en discutant sur les possibilités de déplacer un meuble là, d’installer telles tablettes ici. Elles évoluent dans leurs gestuelles et leurs discussions sans aucune pudeur alors que j’espère être avalé par le lit pour ne plus qu’elles me voient! Après leur indélicate intrusion, une technicienne entre pour m’examiner avec son bidule et sa gelée froide. Tourne-toi sur le côté, sur le dos, sur le ventre et on recommence encore une fois s’il te plaît! Essuie le gel que tu as maintenant jusque sur le visage avec la serviette, debout devant le technicien qui vient d’entrer pour discuter, puis repars chez toi. C’est ça tout le respect dont j’ai eu droit à l’Hôpital Honoré-Mercier! Le genre de manque de respect exercé par des professionnels « instruits » envers des petits travailleurs souvent moins instruits, mais plus respectueux de leurs clients! Quoi en penser? Où est le respect?

Pierre Desgranges

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