21 décembre 2017
Marché et débat publics
Par: Martin Bourassa

Fait rarissime, la Ville de Saint-Hyacinthe a tenu une seconde conférence de presse sur un sujet identique en l’espace de deux semaines. La Ville voulait rediscuter des briques du Marché public et essayer de convaincre les Maskoutains de la nécessité de remplacer toutes les briques de ce joyau patrimonial. Elle ne nous a pas convaincus.

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C’est assez inhabituel et c’est dire à quel point elle s’est rendu compte que son plan de communication avait été butché la première fois. À vrai dire, la Ville avait tenu pour acquis que personne ne sourcillerait devant cette proposition inusitée. Grave erreur. Des Maskoutains et des spécialistes en patrimoine bâti ne comprennent pas la démarche de la Ville et son entêtement à vouloir refaire à neuf le Marché public. Simple bataille d’experts, a conclu la Ville. Les nôtres ont raison, passons à un autre appel, nous dit-on. Minute papillon.
Dans un souci de transparence, on aurait pu s’attendre à ce que la Ville se présente devant les médias avec ses propres experts et tous les documents pertinents. Les experts y étaient la seconde fois, mais pas l’ensemble des documents. Les journalistes n’ont eu accès qu’à la page 16 du carnet de santé du Marché public réalisé par la firme Beaupré Michaud et Associés, qu’à un compte rendu d’une page et qu’à trois pages de photos d’une visite en 2014 et à une lettre de la firme Affleck de la Riva architectes d’avril 2017, sans son annexe.
Si les conseillers municipaux se contentent de simples résumés et de documents incomplets quand vient le temps de prendre des décisions, vous nous excuserez de ne pas nous contenter de si peu.
Lundi, la présidente du comité d’urbanisme, la conseillère Nicole Dion-Audette, s’est levée en séance publique du conseil pour exprimer sa position. « Si on choisit de refaire toute la brique, ce ne sera pas de gaieté de cœur. C’est parce qu’on n’aura pas le choix », a-t-elle exprimé. Justement, on croit comprendre que la Ville a le choix. Si Mme Dion-Audette prenait le temps de lire ou de relire la lettre de l’architecte Richard de la Riva, elle verrait qu’il propose deux solutions. La première prône le remplacement des briques en façades, mais la seconde fait état d’une alternative pour l’entretien et la conservation des briques avec des réparations ponctuelles aux 10 ans. Trop de trouble pour la Ville qui préfère la facilité du remplacement, alors que tous les experts, y compris les siens, s’entendent sur une chose : le remplacement de tout le parement d’un ouvrage patrimonial qui souhaite le rester ne devrait être que la dernière option, quand la sécurité est compromise et qu’il n’y a plus d’autres solutions.
Le directeur général Louis Bilodeau s’est dit étonné qu’un tel débat sur la brique ait lieu. Il devrait plutôt en être ravi. Moi, ce qui m’étonne, mais pas tant que ça, c’est le silence, voire l’indifférence, du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Ce sera peut-être pour une troisième conférence de presse.

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