2 janvier 2020
Cyclocross
Matis Boyer vit le rêve belge
Par: Maxime Prévost Durand

Matis Boyer en action à l’épreuve de Waaslandcross, l’une des épreuves de la série « Christmas cross » à laquelle il participe présentement en Belgique. Photo Facebook Désirée Carton

Matis Boyer rêvait depuis qu’il est tout jeune de participer aux courses de cyclocross en Belgique. C’est là-bas que la discipline est à son plus fort, avec des épreuves mythiques et un calibre des plus relevé. Au terme de sa dernière saison junior, il a quelque peu provoqué le destin pour que les astres soient finalement alignés et qu’il puisse vivre son rêve.

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Depuis le 15 décembre, le Maskoutain est en Europe afin de participer au « Christmas cross », une série de plusieurs courses disputées durant le temps des Fêtes en Belgique. « Noël, c’est une période culte pour le cyclocross, a lancé Matis en entrevue au COURRIER avant son départ. Là-bas, j’aurai la possibilité de faire jusqu’à neuf courses en 16 jours. »

Son calendrier de compétition s’étendra jusqu’au 5 janvier, alors que la série se conclura à Bruxelles, la capitale belge. Après une 46e place et quelques points de suture à la suite d’un incident dont il a été victime à l’échauffement au Waaslandcross, il a enchaîné avec une 15e place le lendemain à Balegem, son meilleur résultat jusqu’ici là-bas.

Il cumule également une 62e place parmi plus de 112 athlètes à Loenhout, une 65e place au Superprestige de Diegem, où il a terminé sur le tour du meneur « avec les meilleurs au monde », s’est-il réjoui sur Facebook, et une 20e place au Bredene Cross.

Pour boucler la boucle

Après cinq années à pratiquer cette discipline, le cycliste de 17 ans – il fêtera ses 18 ans le 4 janvier – compte tirer sa révérence de la compétition avant la prochaine saison.

« L’an prochain, je monte en U23 et, en Amérique, il n’y a pas de courses uniquement U23. Il y a juste des courses élites [où tu rivalises contre des athlètes plus vieux et plus expérimentés] », a-t-il expliqué.

Cette réalité, bien différente de celle chez les juniors, n’avait rien de très motivant pour Matis, surtout que d’autres projets sont à sa portée et qu’il n’aura sûrement plus l’occasion de s’entraîner autant.

Le fait d’aller en Belgique était donc pour lui une occasion de boucler la boucle.

« Je me suis réveillé le lundi matin [après ma dernière course au début décembre] en me disant que ça ne pouvait pas se finir comme ça. Je ne pouvais pas avoir fait cinq ans de cross sans être allé en Belgique. […] J’ai écrit à une connaissance que j’ai là-bas et qui travaille pour Cyclocross Custom – la compagnie qui va s’occuper de toute la logistique pour moi là-bas – et il m’a dit qu’il restait une place. En l’espace de 12 h, presque tout était finalisé. »

Une saison en dents de scie

S’il avait obtenu les résultats escomptés durant la saison, il aurait pu être invité par l’équipe canadienne afin de participer à cette série des Fêtes. Mais ses résultats ne lui ont pas permis d’y arriver de cette façon.

Matis a connu un automne en dents de scie. Au championnat québécois, il a terminé au 5e rang, alors qu’il visait un top 3, et il a été évincé du top 10 au championnat canadien avec une 11e place, un résultat décevant considérant les attentes qu’il avait.

Sa forme n’était toutefois pas optimale durant cette période. Il avait été malade en tout début de saison et il lui a fallu plusieurs semaines par la suite pour atteindre le niveau qu’il se sait capable d’atteindre.

Il s’est toutefois repris pour la suite des choses, notamment dans les épreuves UCI nord-américaines où il a cumulé une 9e place à Peterborough, en Ontario, deux fois la 5e place à Suffern, dans l’État de New York, puis une 6e et une 7e place à Warwick, au Rhode Island.

« Au classement UCI, je suis 3e au Canada, a-t-il mentionné au moment de l’entrevue, tandis qu’au championnat canadien j’avais fini 11e. Ce n’était pas une course qui était représentative de ce que je suis capable de faire, a-t-il analysé. Je suis beaucoup plus en forme maintenant. Je pense que je serai à ma place là-bas et que les conditions [qui devraient être surtout boueuses] devraient m’avantager. Je devrais bien faire contre les autres Canadiens. […] Si je suis capable de battre des gars qui sont sur l’équipe canadienne en ce moment, ça pourrait me donner une place pour les Mondiaux en Suisse au début février. »

Mais qu’importe les résultats, c’est avant tout pour s’amuser et pour l’expérience que Matis s’est rendu en Belgique. « J’avais toujours visualisé ça, j’avais toujours dit que j’allais y aller. Ça me permet d’être en paix avec moi-même. »

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