13 octobre 2016
Complexe culturel maskoutain
Méga projet sur la planche à dessin
Par: Benoît Lapierre
Méga projet sur la planche à dessin

Méga projet sur la planche à dessin

Porte-parole du CCM, Jean-Marie Pelletier presse les élus maskoutains de poser un geste significatif en faveur du projet. Photo Robert Gosselin / Le Courrier

Porte-parole du CCM, Jean-Marie Pelletier presse les élus maskoutains de poser un geste significatif en faveur du projet. Photo Robert Gosselin / Le Courrier

La mise en chantier d’un grand complexe culturel abritant une nouvelle bibliothèque municipale, un musée régional et le Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe avec toute sa documentation, tel est le projet qui atterrira cet automne sur la table du conseil municipal pour qu’il finance l’étude préparatoire et qu’il endosse une demande officielle de subventions gouvernementales.

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La table du Complexe culturel maskoutain (CCM) ne veut surtout pas rater le bateau chargé de millions que constitue le nouveau Fonds Chantiers Canada-Québec et son volet destiné aux petites collectivités, dévoilé en juillet.

Si le projet du Centre de congrès ne cadrait pas dans ce programme, au grand dam de la Ville de Saint-Hyacinthe, en revanche, il convient parfaitement au projet du CCM. Les bibliothèques, les musées et centres d’archives font partie des infrastructures collectives visées par le volet 2. Mais le temps presse : les demandes de subventions doivent être présentées d’ici le 31 mars 2018, au plus tard.

« Et notre but, ce n’est pas d’arriver avec le projet le 31 mars en après-midi. On a une année devant nous, pas plus », souligne Jean-Marie Pelletier, porte-parole de la table du CCM. Elle regroupe la Médiathèque maskoutaine, le Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe et Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, présidé par M. Pelletier.

Le Service des loisirs de la Ville de Saint-Hyacinthe est aussi représenté à cette table par son directeur, Michel Robidoux, ce qui crée automatiquement un lien avec l’administration municipale. Cependant, le CCM n’a pas encore eu de discussions avec les membres du conseil, mais ce moment approche, affirme M. Pelletier.

« Ils sont à l’heure de préparer le budget, et on va s’exercer aux relations publiques. À sa face même, le projet est ambitieux, mais à un moment donné, si on n’a pas cette ambition, on ne l’aura jamais non plus. On pousse la machine un peu. »

M. Pelletier souligne qu’avec le Centre des arts Juliette-Lassonde, les membres du CCM constituent les trois autres organismes professionnels du monde de la culture à Saint-Hyacinthe, et tous les trois font face à des besoins criants en locaux et équipements adéquats. Le besoin d’espace a été estimé à 6232 m2 pour la bibliothèque T.-A.-Saint-Germain, à 3716 m2 pour le Centre d’histoire et à 2720 m2 pour le musée régional et Expression. Voilà qui donnerait un complexe de 12 668 m2, le « troisième lieu » dont rêve le CCM pour la communauté maskoutaine. « Ce serait un lieu rassembleur après le travail et les études, un lieu convivial proposant des activités pour chaque membre de la famille. S’agirait-il d’un bâtiment entièrement neuf? Toutes les idées sont permises, mais nous, on s’en remet complètement à la Ville là-dessus, même si on peut lui donner notre opinion. »

Près de la Promenade?

En exposant au COURRIER le projet dans ses grandes lignes, M. Pelletier n’a pas avancé de chiffres, ni identifié des sites potentiels. Cependant, la rumeur veut que le CCM ait songé au site situé derrière le Centre des arts, c’est-à-dire le stationnement municipal longeant la Promenade Gérard-Côté, question de regrouper au même endroit les quatre organismes professionnels de la culture.

« Dans la résolution que chaque membre du CCM a adoptée pour demander à la Ville de considérer le projet dans le cadre des Chantiers Canada-Québec, on fait le rapprochement entre le projet de la Promenade Gérard-Côté et celui du complexe culturel », a admis le conseiller David Bousquet, qui représente la Ville au conseil d’administration de la Médiathèque et qui siège à titre personnel à celui du Centre d’histoire, en tant que trésorier.

Personnellement, il n’est pas chaud à l’idée d’inclure le stationnement du Centre des arts parmi les emplacements possibles, cet espace du centre-ville étant déjà fortement utilisé par les travailleurs et visiteurs. « On ne règle pas des problèmes en en créant d’autres », estime-t-il. Il ajoute qu’en jumelant le projet de la Promenade (20 M$) à celui du complexe, le seuil des 60 M$ serait dépassé. « La norme minimale est de 4000 $ le m2 pour ce type de projets. Il n’y a rien d’impossible, mais je ne suis pas sûr que les deux autres paliers de gouvernement accepteraient de financer un tel projet. » 

Il signale que la Ville est bien pourvue en bâtiments institutionnels qui pourraient être greffés à un tel complexe, comme ceux qui seront examinés par un consultant dans le cadre d’une nouvelle entente avec le ministère de la Culture et des Communications portant sur « la réserve patrimoniale » de la ville.

« Si le projet du CCM peut être subventionné, il ne faut pas l’évacuer, mais actuellement, le tunnel Casavant et la Promenade Gérard-Côté sont les deux priorités », a-t-il rappelé.

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