7 juillet 2011
Carte postale de Marie-Josée Gagnon
Melbourne branchée
Par: Le Courrier
Dans les ruelles de Melbourne, Marie-Josée Gagnon a découvert des graffitis qui valent le détour.

Dans les ruelles de Melbourne, Marie-Josée Gagnon a découvert des graffitis qui valent le détour.

À l’autre bout de la terre, tout en dessous du globe, se trouve un bout du monde où l’art et l’apparence font foi de tout. C’est là, dans une bourgade de Melbourne, entre les ruelles couvertes de graffitis et les immeubles contemporains, que Marie-Josée Gagnon a établi son bureau de graphisme dans son salon, à quelques clics de souris de Montréal. Survol d’une ville aux géométries variables.

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C’est en 2008 que la Valoise a mis pour la première fois son travail dans ses valises pour partir à la découverte du monde. Après avoir complété sa technique en graphisme à Sherbrooke, pourtant, elle avait carrément tiré un trait sur sa carrière avant même de l’avoir entamée; pas question de passer des journées entières devant un ordinateur.

Elle était caissière au magasin coopératif de l’École Polytechnique lorsqu’on lui a offert de travailler à son compte pour créer des sites web et des brochures. De fil en aiguille, elle s’est retrouvée avec une trentaine de clients, surtout des départements de la Polytechnique, pour qui elle créait de son salon des produits sur mesure. « C’est un ami qui m’a fait remarquer que je pouvais faire mon travail n’importe où. Tout ce dont j’avais besoin, c’était un ordinateur portable et une connexion Internet. Sur le coup, j’ai ri, mais l’idée a fait son chemin. »Le boulot qui devait la prendre en otage devant son écran lui aura finalement ouvert les portes du voyage. Quelques semaines plus tard, Marie-Josée s’envole vers l’Australie. Pendant quatre mois, elle visite le pays d’un bout à l’autre, tout en poursuivant son travail depuis les cafés, le train, l’avion ou les auberges de jeunesse. Puis, forte d’une clientèle grandissante, elle s’installe à l’étranger pour un an. « Voyager et vivre dans un autre pays, c’est différent. J’avais eu un coup de foudre pour Melbourne, alors c’était un choix logique. Mais un mois avant mon retour, j’ai rencontré un jeune homme séduisant. Je n’avais plus le choix de rester! »

Des trésors dans les ruelles

Capitale de l’état de Victoria, mais aussi de la culture et du sport au pays, Melbourne est située sur la pointe sud-est de l’Australie, au creux de la baie de Port Phillip. La Ville est toute en design urbain et en tendance. C’est d’ailleurs ce qui a attiré la graphiste dès le début : les sculptures à tous les coins de rue, la place laissée aux artistes de la rue et à leurs oeuvres, jusqu’au style avec lequel les gens s’habillent.

Voilà pourquoi Marie-Josée propose sans contredit aux visiteurs de découvrir la ville à pied, une rue à la fois, en commençant par le Central Business District (CBD), le grand centre-ville de Melbourne. « Il ne faut pas avoir peur de s’aventurer dans les ruelles pour découvrir les graffitis. Il y a des fresques qui sont de véritables oeuvres d’art. Quand je me suis installée ici, je voulais marcher toutes les rues de la ville. C’était un peu trop grand pour y arriver, mais ça demeure le meilleur moyen de ne rien manquer des détails qui se cachent partout. » Le quartier est aussi l’hôte de dizaines de musées et du Federation Square, sorte de Place des arts de Melbourne. On y trouve notamment un écran géant – la Fed TV – autour duquel la foule se donne rendez-vous pour regarder tantôt un événement sportif, tantôt un mariage princier. « Il y a des diffusions en permanence ou presque. Les gens amènent leur chaise et s’installent pour quelques heures. »Mais n’allez pas penser que les Melbournais sont des sportifs de salon. Peut-être en raison de la même obsession du beau et du paraître, ils sont de vrais amateurs de sports. Le jogging, notamment, est une véritable religion. « Les gens d’affaires vont au travail en complet avec des souliers de course dans les pieds. Je n’ai jamais vu ça ailleurs », raconte la Valoise en riant.

Les quartiers, enclaves de culture

Cosmopolite, la ville de Melbourne est caractérisée par des quartiers riches en identité, enclaves de culture au coeur de la cité.

Tout près du CBD, le quartier chinois est l’un des plus fréquentés. Ses activités s’articulent autour de Little Bourke Street. On y retrouve les meilleurs établissements de la gastronomie asiatique et des marchands chinois dans des rues colorées par les tissus et les babioles en tout genre.Marie-Josée propose aussi la visite d’un second quartier qui permet de s’échapper un moment de cette obsession de l’apparence. « Ce qui m’avait attirée à Melbourne au départ est aussi ce qui me pèse le plus aujourd’hui. Le souci du style, de tout ce qui est original et beau, ça entraîne inévitablement une certaine superficialité. »Rien qui ne colle toutefois au populaire quartier Brunswick, point de convergence de toutes les nationalités. Les artistes qui l’ont envahi lui confèrent une ambiance décontractée en tout temps. « C’est très relax. On y trouve de bons restaurants, mais surtout plein de petits cafés. La culture du café est d’ailleurs caractéristique de Melbourne. Nous faisons le meilleur café de l’Australie, peut-être même du monde! Tous les deux pas, il y a un petit café où l’on peut se la couler douce un après-midi d’hiver. »Parce que oui, il y a un hiver à Melbourne. Pendant notre été, changement d’hémisphère oblige. Des températures sibériennes de 10 degrés au-dessus de zéro par une froide journée de juin! « Je sais que pour le Québec, ça l’air de rien, mais il faut savoir que ceux qui construisent les maisons ici se croient sous les tropiques. Il n’y a rien d’isolé, alors on gèle pour vrai! », plaide-t-elle.Entre ses escapades en Asie pour se sauver des grands froids, Marie-Josée poursuit sa découverte de l’Australie avec son copain marchand de vins, en visitant les régions vinicoles. « C’est d’ailleurs une façon mémorable – ou pas, selon votre niveau de consommation – de visiter les alentours de Melbourne », notamment en faisant un saut dans la Vallée Yarra, une grande région productrice de Pinot noir et de Chardonnay logée à moins d’une heure au nord de la ville.De quoi fuir quelques jours les apparences avant de se donner rendez-vous au détour d’une autre ruelle.

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