19 septembre 2013
Métairie : un peu tard pour s’y opposer
Par: Le Courrier

En 2009, lorsque je me suis présenté aux élections municipales dans le secteur du centre-ville de Saint-Hyacinthe, je proposais entre autres de donner une vocation culturelle au centre-ville, d’y instaurer une véritable place publique et de sauvegarder les églises en les transformant pour accueillir les organismes culturels ou communautaires.

À l’époque, les rumeurs étaient persistantes au sujet de la fermeture de l’église Christ-Roi et je voyais d’un bon oeil que la Ville l’acquiert afin d’y reloger les organismes culturels, ce qui à mon sens était beaucoup plus logique et moins coûteux que l’agrandissement du Centre des arts Juliette-Lassonde. Finalement, l’école L’Avant-Scène a racheté l’église et en a fait un lieu de rencontre fort intéressant. Tout ceci pour dire que lorsque j’ai lu la manchette du Courrier du 5 septembre sur la demande de moratoire des marchands du centre-ville au sujet du dossier de la Métairie, je n’ai pu m’empêcher de me demander où ils étaient depuis 2009. Lors de ma campagne électorale, j’avais demandé à rencontrer la Société de développement commercial et je n’avais même pas eu droit à un accusé de réception… Aujourd’hui, quatre ans après, je n’ai pas changé d’opinion : il manque au centre-ville une véritable vision qui pourrait lui insuffler un nouveau dynamisme. L’image de marque du centre-ville devrait-elle être revue? Quelle clientèle devrait-on viser? Quels pourraient être les projets structurants? Qu’on s’entende bien : nous avons un beau centre-ville et on y trouve de fort belles choses. Mais quand j’y vais, ce que je remarque, ce sont surtout les locaux vides, les terrains vagues et les immeubles laissés à l’abandon. Il ne faut pas seulement amener du monde au centre-ville. Il faut savoir lesquels cibler. À mon avis, l’avenir du centre-ville passe par les jeunes adultes, pas seulement pour dépenser, mais aussi pour y résider et y travailler. Il faut permettre aux jeunes entrepreneurs d’ouvrir des boutiques et d’innover. Il faut aussi attirer les artistes et les artisans, les aider à s’installer mais surtout à perdurer. Chose certaine, ce n’est pas en fermant la rue Des Cascades pour la transformer en bar ouvert qu’on va attirer une nouvelle clientèle. Ce n’est pas non plus le projet de gare intermodale qui n’apportera rien de plus au terminus actuel et qui ne répond à aucun besoin exprimé par la population. Tout cela pour dire qu’il est un peu tard pour demander un moratoire dans le dossier de la Métairie, alors que les travaux de démolition sont déjà entrepris et que le contrat pour la construction sera bientôt accordé. On peut reprocher bien des choses à la Ville dans ce dossier, mais une fois la décision prise, il faut aller de l’avant et offrir ce qu’il y a de mieux aux organismes culturels. Si on voulait faire attirer les organismes culturels au centre-ville, il aurait fallu agir il y a bien des années. En clair, ça s’appelle se réveiller en retard.

Roger Lafrance,ancien candidat dans le district Cascades et résident du secteur Saint-Joseph

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