3 mars 2016
Moi aussi, j’ai des questions pour vous, M. Breton!Écrivez-nous
Par: Le Courrier
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L’ex-ministre de l’Environnement, Daniel Breton, a adressé dans ces pages la semaine dernière un commentaire dans lequel il pose une série de questions à notre députée provinciale, Chantal Soucy.

Certains pourraient tomber dans ­l’erreur et penser que M. Breton tente simplement de s’informer des enjeux énergétiques d’aujourd’hui, notamment en ce qui concerne le projet Énergie Est de TransCanada.

Or, il est évident que Daniel Breton se contrefiche des positions des différentes formations politiques. Tout comme le veut la tradition péquiste, voilà que celui qui est depuis septembre conseiller ­politique de Pierre Karl Péladeau se hisse en tête d’affiche d’une vaste campagne de désinformation. Loin de vouloir faire avancer le débat, les questions de l’ex-ministre semblent avant tout destinées à mettre en lumière une soi-disant incohérence dans le discours de Mme Soucy.

Or, c’est Daniel Breton lui-même qui semble plus ou moins en phase avec le parti qu’il a représenté brièvement à ­l’Assemblée nationale, du moins si je me fie à certaines de ses prises de position depuis son retrait forcé de la politique en avril 2014.

Le projet le plus polluant de l’histoire

En octobre 2014, dans un texte du Journal de Montréal, l’ex-ministre de l’Environnement estimait « incontournable » de faire passer le test du Bureau d’audiences publiques en ­environnement (BAPE) au projet de ­cimenterie McInnis de Port-Daniel.

Selon lui, seul le BAPE était en mesure de dire aux Québécois si le projet « tient la route écologiquement, socialement et économiquement ». Cette logique n’a pas fait long feu du côté du Parti québécois, qui n’a pas hésité une seconde à voter, main dans la main avec les libéraux, en faveur du projet de loi qui a exclu le projet McInnis d’une évaluation ­environnementale québécoise. M. Breton a-t-il reviré sa chemise verte de bord lorsqu’il a accepté le poste de conseiller de M. Péladeau?

Au bénéfice des citoyens de Saint-Hyacinthe, j’invite l’ex-ministre à nous dire lequel des deux discours il souhaite défendre aujourd’hui.

… et Énergie Est?

Tout en prenant soin de ne rien proposer en échange, M. Breton met en doute la possibilité de négocier une forme de compensation financière avec l’Alberta pour le passage du pipeline au Québec. Il a tort.

La CAQ maintient qu’il n’y a aucune loi qui empêche le Québec de négocier un tel accord avec les pétrolières, le ­gouvernement de l’Alberta et le gouvernement fédéral. Aucune. Il est du devoir de tout gouvernement ­responsable de négocier une telle compensation. Ce qui m’inquiète, en plus du dogmatisme de l’ex-ministre de l’Environnement, c’est de constater une fois de plus ­combien sa position dans le dossier ­Énergie Est est à des années-lumière de celle de son chef, Pierre Karl Péladeau. Encore cette semaine, nous avons ­constaté les dissensions au sein du PQ sur le sujet. D’abord en faveur du ­pipeline, puis contre pour ne pas froisser son caucus, voilà maintenant que le ­leader péquiste ouvre les portes du ­Québec à TransCanada.

M. Péladeau n’aura pas attendu très longtemps pour se faire contredire, pour la deuxième fois après Martine Ouellet sur le dossier Anticosti, par un membre de son équipe, le député de Jonquière ­Sylvain Gaudreault.

Le PQ est bel et bien « contre » Énergie Est, peu importe sa forme ou la substance qu’il pourrait transporter. D’une manière savoureuse, il a indiqué qu’« il coulerait du Quik aux fraises, on serait contre! » Voilà qui a au moins le ­mérite d’être clair. 

Qui a raison au PQ : le chef ou le caucus? Je n’en ai aucune idée. Encore une fois, je demande à Daniel Breton de choisir son camp et de nous dire à quelle branche politique du PQ il souhaite être identifié. 

Moi aussi, j’ai des questions pour vous, M. Breton. La plus pressante, toutefois, est de savoir si vous êtes réellement prêt à refuser la chance à tous les Québécois de s’enrichir collectivement en négociant une compensation financière.

Face à un gouvernement libéral qui ­refuse de défendre les intérêts des ­Québécois et à un PQ qui s’oppose à tout pour le simple geste de s’opposer, les deux prochaines ­années s’avèrent ­cruciales pour le Québec. Heureusement, la CAQ continuera d’incarner le changement responsable.

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