17 janvier 2019
Mon ami Walid : un film hors conventions
Par: Maxime Prévost Durand

Quelques jours à peine après leur première montréalaise, Julien Lacroix et Adib Alkhalidey viendront présenter leur long-métrage Mon ami Walid, un film qui traite notamment de l’amitié et de la maladie mentale. Photo gracieuseté

Le film Mon ami Walid, projet commun des humoristes Julien Lacroix et Adib Alkhalidey, a fait grand bruit dans la dernière année, avant même que l’on en voie les premières images. Rendue possible grâce au sociofinancement, l’œuvre sera enfin présentée sur grand écran, mais pas dans les salles de cinéma. Du moins, pas pour l’instant.

publicité

Les deux humoristes ont entamé dans les derniers jours une tournée des salles de spectacle du Québec, où ils présenteront leur film. Quelques jours après la première montréalaise, tenue mardi,Mon ami Walid sera projeté à Saint-Hyacinthe, dans la salle Desjardins du Centre des arts Juliette-Lassonde, dimanche soir.

« C’est un film qui s’est principalement fait à l’extérieur des conventions habituelles du cinéma », convient Julien Lacroix, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER. Dans ce contexte, se tailler une place dans les salles de cinéma relevait de l’ordre du défi incommensurable. « Donc on a opté pour un circuit qu’on connaît bien et qui nous connaît bien, soit celui des salles de spectacle », poursuit-il.

Mon ami Walid, c’est d’abord et avant tout un film qui parle de l’amitié, mais aussi de la maladie mentale. L’histoire tourne autour de Walid, porté par des idées suicidaires. Au moment de passer à l’acte, Antonin, un simple d’esprit, croise sa route et décide de faire de Walid son nouveau meilleur ami. Même si ce dernier veut retrouver la quiétude de la solitude, les deux deviennent rapidement inséparables.

Seulement deux projections avaient eu lieu au moment de l’entrevue, mardi matin, que déjà les réactions observées par le tandem étaient positives. Présents dans la salle pour présenter leur film chaque soir, puis pour discuter avec les spectateurs après la représentation, Julien et Adib pouvaient avoir à chaud les commentaires des gens.

« Je trouve ça super intéressant d’aller rencontrer les gens. Ce sont eux qui nous ont donné la possibilité de faire le film », souligne Julien. « Jusqu’à maintenant, c’est vraiment cool, ajoute Adib. Il y a tellement de façons de voir une œuvre, les gens nous posent des questions, on échange, on débat. C’est vraiment le fun. »

En plus d’avoir écrit tout le scénario, Julien Lacroix et Adib Alkhalidey campent les deux rôles principaux, au sein d’une distribution qui regroupe plusieurs autres noms bien connus, dont Guy Jodoin, Laurent Paquin et Christian Bégin. Adib signe également la réalisation du film.

Même s’il s’agit d’un film à petit budget, l’ampleur qu’il a pris dépasse toutes les attentes que les deux humoristes auraient pu se fixer. « C’est le côté positif de faire un projet qui n’est pas voué au succès, affirme Adib. Ce qui a l’air d’un projet casse-gueule à première vue finit par bénéficier d’un certain succès. »

Si les portes des cinémas québécois semblent difficiles à ouvrir, celles de l’Europe s’ouvrent tranquillement pour Mon ami Walid, dont l’engouement a traversé l’océan Atlantique. « On a reçu des messages de programmateurs de salles de cinéma en Europe – alors qu’ici on n’a eu aucun courriel des salles du Québec. Pour l’instant, il y a de l’intérêt en France et en Suisse, soutient Adib. On est en discussion pour la suite des choses. »

image