16 mai 2013
Dernière production des finissants de l'École de théâtre
Noces de sang : le dessert pour la fin
Par: Le Courrier

Les finissants de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe tireront sous peu leur révérence avant de faire leur entrée sur le marché du travail. Mais avant, ils présenteront leur quatrième production, Noces de sang, de Federico Garcia Lorca, dans une mise en scène de Mario Borges.

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La fébrilité était palpable au sein du groupe de finissants alors que se tenait leur toute dernière présentation publique. Ils étaient fiers et avaient hâte de livrer un avant-goût de leur dernier projet commun. Un plaisir d’ailleurs partagé par le metteur en scène et Maskoutain d’origine Mario Borges qui a replongé au coeur de ces anciennes amours avec Noces de sang qu’il a jouée alors qu’il était étudiant au même cégep.

« Il s’agit d’une pièce pour laquelle j’ai une affection particulière, dit Mario Borges en introduction. Je l’ai découverte 25 ans plus tôt alors que j’étais en première année à l’École de théâtre et jouais le personnage de Léonard. C’est une pièce qui crie à l’authenticité et à la liberté. Les personnages ont beaucoup à faire pour trouver leur place au risque de déplaire et le fil conducteur nous amène vers une tragédie épouvantable. » Inspirée de la vie traditionnelle andalouse, Noces de sang retrace l’histoire d’une passion impossible, mais irrépressible. La fiancée se prépare au mariage, mais le fiancé n’est pas l’élu de son coeur. Son amour va à Léonard, à qui elle a dû renoncer autrefois. Le soir de ses noces, elle s’enfuit avec son amant et s’ensuit une traque dans les bois qui conduira les jeunes hommes à leur perte. Oeuvre écrite à l’époque des surréalistes, dans l’entre-deux-guerres, le metteur en scène a voulu pousser le côté onirique plus loin. « Nous l’avons abordée avec beaucoup de liberté et dans un esprit de création en l’inscrivant dans notre contemporanéité, mais en respectant la tradition derrière l’oeuvre », explique M. Borges. « Le 3 e acte, par exemple, est complètement onirique, poursuit-il. Nous l’avons poussé dans le surréaliste pour que cela donne quelque chose de très éclaté. » Une lune qui parle et éclaire et des voix trafiquées. Le metteur en scène ne l’a pas donné facile à ses étudiants. Et le grand défi était de bien équilibrer le tout. « Il s’agit d’un défi supplémentaire pour tout le monde, c’est certain. Nous devons créer un univers étrange sans que personne ne s’enlise et nourrir à la fois les propos du dramaturge. Cela ne doit pas sembler servir uniquement que pour les effets. »Mais Noces de sang est une pièce qui comporte beaucoup de défis en soit. « Il s’agit d’une pièce très riche parce qu’elle est très ancrée. Il faut être fluide pour laisser l’histoire rejoindre le spectateur. C’est une oeuvre donc qui demande beaucoup d’engagement et d’abandon. »L’un des premiers défis d’ailleurs a été de choisir la bonne traduction. C’est finalement sur une traduction récente du sud de la France à la langue vivante et ampoulée, écrite par le jeune dramaturge Fabrice Melquinot, que le choix du metteur en scène s’est arrêté. Pour les mouvements et déplacements, ce dernier a fait appel aux services de la chorégraphe Louise Lussier qui a travaillé intensément avec les étudiants le temps d’un week-end. Il faut le dire, les finissants de l’École de théâtre ont gardé avec Noces de sang le meilleur pour la fin. Tant dans la portée des propos que dans la complexité de l’oeuvre elle-même. Des représentations se tiendront du 17 au 23 mai à la salle Léon-Ringuet du Cégep de Saint-Hyacinthe, à 20 h, à l’exception du dimanche, à 16 h. Relâche le lundi.

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