21 décembre 2017
Noël en CHSLD
Par: Le Courrier

La plupart des CHSLD du Québec n’offrent plus le repas traditionnel de Noël et du jour de l’An aux résidents et à leur famille. Une tradition prend fin pour ceux qui avaient l’habitude de rencontrer leurs vieux parents pour festoyer avec eux lors de ces fêtes les plus signifiantes et les plus rassembleuses. Car il est de notoriété publique que le reste de l’année, bien peu de personnes âgées sont visitées. Sans compter les résidents qui n’ont plus de famille et qui se retrouveront plus seuls encore, plus désœuvrés, plus abandonnés le jour où, partout dans le monde, on célébrera. Et, parmi nos élus, avec champagne et foie gras.

Triste, bien triste la fin de vie de nos parents dans les institutions qu’on appelle pompeusement des « milieux de vie » alors qu’elles sont devenues, dans la réalité, des « mouroirs ». Sans une mère Teresa pour leur tenir la main. Contraintes budgétaires, manque de personnel, coupures, détérioration de l’état de santé des résidents admis en CHSLD, toutes les raisons sont bonnes pour tenter de justifier l’inacceptable.
Nos aînés qui, toute leur vie, ont travaillé pour rendre notre monde meilleur, payé des impôts, contribué à un maigre fond de retraite, n’auront même pas le loisir d’en profiter au temps « des Fêtes », dans les institutions censées les accueillir comme s’ils étaient dans leur milieu de vie.
La pilule est amère et difficile à avaler. Maman, papa, grand-maman, grand-papa, tante Éléonore, cette année, pas de repas avec votre fils ou votre fille. Vous n’avez pas été sages… De toute façon, le « manger mou » est tellement plus digeste et rapide à avaler. On va changer votre culotte d’incontinence, une petite pilule pour vous calmer, puis vous allez faire un beau dodo jusqu’à demain matin. Assez perdu de temps, les effectifs sont réduits, il est déjà 19 h. On a d’autres clients qui attendent.
Plaise au petit Jésus que je ne finisse pas mes jours dans un « milieu de vie ».
Joyeux Noël

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