28 août 2014
Usine de découpe de porc de Saint-Simon
Olymel condamnée à indemniser ses ex-travailleurs
Par: Jean-Luc Lorry
Après sept années de démarches juridiques, le syndicat des travailleurs d’Olympia (CSN) de l’usine Olymel de Saint-Simon crie aujourd’hui victoire.  Photothèque | Le Courrier ©

Après sept années de démarches juridiques, le syndicat des travailleurs d’Olympia (CSN) de l’usine Olymel de Saint-Simon crie aujourd’hui victoire. Photothèque | Le Courrier ©

Un tribunal d’arbitrage vient de juger « illégale » la fermeture de l’usine de découpe de porc de Saint-Simon. Il condamne ainsi son propriétaire Olymel à indemniser ses 406 ex-salariés pour un montant estimé par la partie syndicale à 14 M$.

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Dans le cadre d’un plan de rationalisation, la direction d’Olymel avait fermé les portes de son usine de Saint-Simon le 20 avril 2007 alors que la convention collective venait à échéance le 16 octobre de la même année.

La partie syndicale réclamait les salaires que les travailleurs auraient reçu si l’employeur s’en était tenu aux dispositions du contrat de travail.

« (…) le remède approprié est d’accorder aux salariés de Saint-Simon les salaires et avantages monétaires prévus à la convention collective et dont ils ont été privés par la fermeture illégale de leur usine », peut-on lire dans la sentence arbitrale de 26 pages dont LE COURRIER a obtenu copie.

Cette décision rendue par l’arbitre Claude H. Foisy le 20 août est le dénouement de sept années de démarches juridiques menées par le Syndicat des travailleurs d’Olympia (CSN).

« On ne pouvait espérer mieux. Nous sommes chanceux d’avoir été syndiqués. Cela nous a aidés à nous battre contre Olymel. Cette nouvelle est très bien perçue par l’ensemble des ex-travailleurs de l’usine de Saint-Simon », indique Michel Daigle, président du syndicat et vice-président du Conseil central de la Montérégie.

Une décision qui ne contraint toutefois pas le géant de l’agroalimentaire québécois à opérer de nouveau son ex-usine de découpe de porc. Rappelons dans ce dossier, qu’Olymel avait fait des propositions pour transformer cette usine en un centre de distribution et que celles-ci n’avaient pas obtenu l’approbation des travailleurs.

Réactions d’Olymel

La direction d’Olymel a accepté de réagir à la suite de cette décision qui pourrait être lourde de conséquences sur le plan financier.

« Nous avons demandé à nos procureurs de faire une analyse approfondie de cette décision dans le but d’évaluer nos recours. Ce n’est qu’après cette analyse que nous pourrons annoncer nos intentions dans ce dossier », a mentionné en entrevue au COURRIER, Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel.

« Nous tenons à préciser que contrairement aux informations qui circulent (14 M$ d’indemnités), la décision de l’arbitre Foisy ne contient aucune estimation des sommes qui devraient être versées à titre de compensation. Cette question n’a fait l’objet d’aucune représentation par les parties en cause » tient à préciser M. Vigneault.

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