9 juillet 2020
Forum
On attend…
Par: Le Courrier

On attend la fin du confinement. On attend de voir ses enfants, ses petits-enfants et leur dernière couvée. En revanche, on a le temps d’entendre le chant matinal des oiseaux. On entend la sonnerie du téléphone, ce service devenu essentiel. On entend le déclic sonore de notre iPad. On entend l’écho de la vie qui recommence à circuler.

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On attend les bonnes nouvelles.

On attend un nouveau vaccin.

Hélas, il ne sera pas pour demain.

Attendez d’être grands, disaient les parents affectueux.

Jadis, la COVID-19 était absente, c’était merveilleux!

Étrange, personne ne nous menaçait avec : Attendez d’être vieux!

Et pourtant… nul ne présageait le danger potentiel de vieillir?

Quand on est petits, tout nous paraît si lointain.

On attend les résultats scolaires pour monter d’année.

On attend l’âge de la majorité pour aller voter.

On attend l’autobus pour se déplacer.

On attend sa première gorgée de bière avec fierté.

On attend sa première job avec anxiété.

En se berçant sur le perron, on attendait son cavalier.

Finalement, avec confiance, on attendait la maternité.

Aujourd’hui, en hébergement, c’est différent.

On nous demande d’exercer notre patience. On a trouvé un beau mot caché derrière son masque, il s’appelle : la résilience. À vue de nez, la résilience exerce un pouvoir indéniable, elle coopère à la protection des aînés. Ce mot aux coins arrondis se faufile bien dans la conversation. Il voyage en première classe. Il n’est plus enfermé dans le dictionnaire, il peut traverser les frontières.

On s’entend-tu que la période de mars à juin fut difficile?

Attendons que la joie revienne, disait Barbara dans sa chanson.

Jacqueline Chamberland, Saint-Hyacinthe

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