16 août 2012
Sainte-Hélène veut son lotissement
« On ne se laissera pas faire »
Par: Le Courrier
C'est à l'entrée de Sainte-Hélène-de-Bagot, près de l'autoroute 20 et des commerces de services, que 6,5 hectares de terres agricoles pourraient être ajoutés au périmètre urbain, si le gouvernement y consent après les élections.

C'est à l'entrée de Sainte-Hélène-de-Bagot, près de l'autoroute 20 et des commerces de services, que 6,5 hectares de terres agricoles pourraient être ajoutés au périmètre urbain, si le gouvernement y consent après les élections.

Coincée dans un périmètre urbain occupé à 100 %, la municipalité de Sainte-Hélène-de-Bagot, dans la MRC Les Maskoutains, a obtenu tout récemment ce qu’elle voulait: de nouveaux espaces à urbaniser. Mais l’expérience que vient de vivre Saint-Damase lui fait craindre le pire: son projet sera-t-il bloqué à Québec?

« On ne se laissera pas faire », assure le maire de Sainte-Hélène, Yves Petit. Il entend profiter de la campagne électorale pour interpeller les candidats sur la nouvelle orientation gouvernementale destinée à favoriser la croissance démographique de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) en freinant celle de 15 MRC périphériques, dont Les Maskoutains.

Le conseil municipal de Sainte-Hélène espérait d’ailleurs recevoir mardi la visite de la candidate libérale dans la circonscription de Johnson, Nancy Boyce, pour discuter de tout ça avec elle, mais celle-ci n’a pas répondu à son invitation.Le maire Petit a expliqué que Sainte-Hélène s’était présentée devant la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) l’automne dernier dans l’espoir d’obtenir le dézonage de 13 hectares de terres agricoles, soit la même superficie cultivable que Saint-Damase avait été autorisée à utiliser à des fins résidentielles. Mais c’était avant que le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, Pierre Arcand, avise la MRC que le dézonage projeté à Saint-Damase allait à l’encontre des nouvelles orientations du gouvernement à l’égard du développement de la CMM.Dans le dossier de Sainte-Hélène, la réponse de la CPTAQ est arrivée le 31 mai. La municipalité a finalement été autorisée à faire passer 6,5 hectares de terre de la zone verte à la zone blanche, soit la moitié de la superficie qui avait fait l’objet de sa demande. Les 6,5 hectares en question se trouvent au sud-est de l’autoroute Jean-Lesage, non loin de la zone commerciale occupée par un restaurant Tim Hortons et une station d’essence Flying J (Shell). Le maire Petit a précisé que la superficie faisant l’objet de l’autorisation comporterait une zone résidentielle pouvant accueillir jusqu’à 90 unités de logement, de même qu’une aire commerciale représentant un peu moins du tiers de l’ensemble.Comme personne n’a manifesté d’opposition au dézonage dans le délai prescrit, théoriquement, la municipalité de Sainte-Hélène et la MRC pourraient poursuivre la procédure menant à la modification du schéma d’aménagement régional. « Dans mon livre, c’est dézoné », tranche le maire Petit. Mais il sait très bien qu’ultimement, la MRC doit obtenir l’approbation finale du gouvernement, et que c’est à cette étape que le projet de Saint-Damase a été récemment stoppé par le ministre Arcand.Dans le dossier de Sainte-Hélène, le déclenchement des élections fait en sorte que rien ne progressera avant la mise en place du nouveau gouvernement. Par la suite, tout dépendra des orientations qui seront prises à l’égard du développement de la métropole et des 15 MRC « périmétropolitaines », comme on les appelle dans le jargon gouvernemental.

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