12 juillet 2012
Où est passé notre esprit sportif?
Par: Le Courrier

La fin de semaine dernière, du 6 au 8 juillet, la ville de Saint-Hyacinthe était l’hôte d’un tournoi de soccer regroupant plus d’une centaine d’équipes de différents niveaux : belle occasion pour faire découvrir notre patelin, nos installations sportives et surtout pour démontrer notre ouverture aux autres et notre esprit sportif. Bravo à toutes les personnes, organisateurs et bénévoles qui travaillent depuis plusieurs semaines à la concrétisation de cet événement.

La fin de semaine dernière, du 6 au 8 juillet, la ville de Saint-Hyacinthe était l’hôte d’un tournoi de soccer regroupant plus d’une centaine d’équipes de différents niveaux : belle occasion pour faire découvrir notre patelin, nos installations sportives et surtout pour démontrer notre ouverture aux autres et notre esprit sportif. Bravo à toutes les personnes, organisateurs et bénévoles qui travaillent depuis plusieurs semaines à la concrétisation de cet événement.

Le soccer n’est-il pas le sport idéal pour développer de saines habitudes de vie au plan physique, mental et émotionnel? C’est d’ailleurs dans cet esprit que j’ai inscrit mes deux enfants à ce sport pour l’été. J’ai aussi permis à mon aînée de suivre la formation pour devenir arbitre, tâche dont elle s’acquitte avec brio (parole de maman!). Malgré cette belle réussite apparente, je suis choquée. Peut-être allez-vous trouver que j’exagère, mais voici des faits qui m’ont heurtée tout au long de ce tournoi et qui me heurtent d’ailleurs depuis que j’assiste aux joutes de mes enfants. Loin de moi l’idée de critiquer injustement tous ces parents bénévoles qui, convaincus des bienfaits de l’activité physique, prennent le temps de s’impliquer activement pour inculquer ces habitudes de vie chez nos jeunes. D’entrée de jeu, veuillez noter que les exemples soulevés ne s’adressent pas à toutes les personnes qui gravitent autour de ce sport; je ne voudrais pas être accusée de généraliser. Les plus écorchés dans mes observations sont les arbitres. Que ce soit les entraîneurs, les parents ou les joueurs, plusieurs d’entre eux se permettent de critiquer sévèrement leurs décisions en les insultant : « pourri », « aveugle », « vendu », « innocent »,… pour ne nommer que ceux-là, souvent accompagnés de « câlice de… » ou de « hostie de… ». Quelqu’un peut-il prétendre avoir des yeux tout le tour de la tête? Un nouvel employé de McDonald, chargé de tourner les boulettes de boeuf haché, a le même nombre de jours de formation (équivalent de deux jours) qu’un nouvel arbitre chargé de surveiller 14 à 22 joueurs et d’appliquer 14 pages de règlements. Je ne relèverai pas ici le nombre de jours de supervision accordé à ces deux emplois respectifs. De toute façon, nul besoin de superviser, ni de fournir un gérant aux arbitres afin de s’assurer qu’ils fassent bien leur travail puisque les spectateurs s’en chargent déjà très sévèrement, et ce, sans rien laisser passer. Après, on se demande pourquoi il y a si peu d’arbitres qui persévèrent d’année en année. Si votre employeur vous insultait de la même façon à chacune de vos erreurs, vous changeriez probablement d’emploi afin de ne pas vous retrouver dans ce type de jungle. Que dire des parents qui assistent au match? J’ai entendu un papa s’adresser à son fils 62 fois pendant une joute. Oui, 62 fois, je les ai comptées! « Léo (nom fictif) fonce dessus; Léo dégage; Léo hostie réveille; Léo plaque-les; Léo déniaise; Léo rentre dedans; Léo varges-y dans les jambes ». Je vous laisse deviner le reste. Le papa a oublié que Léo a un entraîneur, mais comme il n’a pas le temps de s’impliquer, il préfère enseigner mieux à son fils comment jouer au soccer. Jamais un « C’est beau Léo, bravo, bien joué »… Son seul répit se serait limité aux moments où il était sur le banc si papa n’avait pas critiqué les décisions de l’entraîneur de ne pas le faire jouer assez souvent. Croyez-vous que Léo a eu du plaisir à jouer? Qu’est-ce qu’il a appris au juste? Pauvre Léo! Je croyais que ces scènes ne se passaient que dans les arénas. On dirait bien qu’elles ont élu domicile sur nos terrains de soccer. Tout ce que j’ai vu et entendu m’a permis de comprendre pourquoi les organisateurs avaient jugé utile d’écrire cette consigne à l’entrée de chaque terrain : « Respectons les arbitres, les enfants, les parents et les joueurs. Ce n’est qu’un jeu. ». Certes, l’intention était bonne, mais elle n’a malheureusement pas donné les résultats souhaités. Faudra-t-il songer à former des arbitres et à les affecter dans les estrades pour encadrer et règlementer les spectateurs? Tous les jeunes qui ont participé au tournoi en fin de semaine sont des enfants : des enfants en apprentissage et qui dit apprentissage dit aussi erreur. Que ce soit mon enfant ou ceux des autres, ils ont tous le droit au respect dans toutes les circonstances et nous avons l’obligation, comme adultes, de créer cette ambiance propice à l’apprentissage par nos encouragements, nos bravos; bref, par notre enthousiasme positif, et ce, malgré la défaite. C’est équipés de cette habileté parentale incontestable que nous pourrons ensuite exiger que cessent dans nos écoles la violence et l’intimidation envers nos enfants. Sinon, demandons-nous au moins où les intimidateurs prennent leurs modèles…

Stéphanie Messier -30-

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