21 janvier 2021
Forum
Où est passée la SAQ du centre-ville?
Par: Le Courrier

Nous sommes tous en droit de nous poser des questions sur les décisions, discutables, des gestionnaires de la SAQ de ne pas relocaliser la succursale du centre-ville de Saint-Hyacinthe durant les travaux. Non seulement elle décentralise l’achalandage du centre-ville, mais elle va à l’encontre des objectifs de cet organisme paragouvernemental qui génère un gros trafic commercial dans le secteur. Elle met en évidence une grande incohérence entre le message du gouvernement et la réalité actuelle.

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Difficile de concevoir que d’un côté, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, M. Fitzgibon, fait tout pour sauver l’économie ainsi que le commerce de détail et que de l’autre, la SAQ semble se défiler de ses obligations envers la communauté.

Déjà, comme citoyens, nous devons accepter que la SAQ soit un monopole gouvernemental, ce qui est d’ailleurs pratiquement unique au monde. Nous comprenons que la SAQ est une énorme source de revenus pour le gouvernement du Québec. Nous acceptons donc de payer les produits qui y sont vendus à la hausse, sans parler des difficultés que les producteurs locaux et étrangers rencontrent lorsqu’ils veulent accéder à ce marché.

Il serait donc normal que la SAQ soit sensible aux impacts de ses gestes dans les collectivités, tout en jouant son rôle socio-économique. Il faut que les décisions soient cohérentes avec son mandat et une sensibilisation doit se faire rapidement auprès des acteurs concernés.

Présentement, la SAQ délaisse un secteur commercial ainsi qu’une clientèle en prenant la décision de ne pas ouvrir de magasin temporaire « jugé essentiel », et ce, pour plusieurs mois.

Une incompréhension s’installe dans le milieu du commerce de détail et des affaires concernant la diminution de la superficie de la succursale. Une augmentation de la sélection de produits et une bonification du service à la clientèle riment normalement avec une augmentation du chiffre d’affaires et de superficie, alors que la stratégie de la SAQ est son contraire.

Considérant l’achalandage de la succursale du centre-ville, il est inconcevable que celle-ci devienne une SAQ express. Quel message la SAQ désire-t-elle envoyer aux commerçants et à sa clientèle? Nous pouvons lire entre les lignes que, si nous désirons plus de choix et de produits diversifiés, c’est un rendez-vous à la succursale du boulevard Laframboise qu’il nous faut. Est-ce que les gestionnaires sont aux faits de tous les projets de développements immobiliers qui verront le jour très bientôt au centre-ville? La question se pose…

D’autant plus que depuis le 10 janvier, tous les restaurateurs et propriétaires de bar, situés dans le secteur du centre-ville de Saint-Hyacinthe, ne pourront plus bénéficier du service d’approvisionnement en alcool à la succursale de la rue des Cascades. Tous devront désormais, et ce, de façon permanente, s’approvisionner à la SAQ du boulevard Laframboise. Une décision, encore à ce jour, incompréhensible pour tous les propriétaires qui bénéficiaient, depuis de nombreuses années, de ce service de proximité.

Pourquoi le centre-ville deviendrait-il la destination la moins bien desservie par la SAQ? Les secteurs comme l’Annexe, Saint-Joseph, La Providence et Notre-Dame souffriront également de ces décisions. Il est important de souligner que tous les nouveaux résidents qui s’installent dans un centre-ville recherchent et désirent une vie de quartier dynamique.

Le centre-ville de Saint-Hyacinthe est un clé en main pour cette nouvelle réalité. Pourtant, avec le départ temporaire d’un aussi grand joueur, le centre-ville perd un élément irrévocable à sa formule gagnante.

D’ailleurs, en ces temps de pandémie, où les rassemblements sont interdits, on entrevoit déjà les très longues files d’attente à la succursale du boulevard Laframboise. Est-ce viable qu’une seule SAQ desserve approximativement 59 000 habitants, et ce, pour plusieurs mois?

En conclusion, le souhait de notre organisme est que notre députée conscientise rapidement le gouvernement en place face à cette situation inconcevable. Il y a urgence d’agir. Le centre-ville a besoin d’une succursale temporaire ainsi que d’un commerce d’une superficie sensée, qui valorisera le commerce de détail et offrira un service aux citoyens à proximité et des secteurs environnants.

Nous avons besoin de vous, madame la députée.

Société de développement commercial (SDC) centre-ville Saint-Hyacinthe

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