25 septembre 2014
Tunnel Casavant
Patin de fantaisie
Par: Martin Bourassa

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Même s’il n’a pas encore un an d’expérience comme maire de la Ville de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil a parfois des airs de Joannie Rochette quand vient le temps de répondre à des questions qu’il n’aime pas. Il patine bien.

Livrait-il le fond de sa pensée l’autre semaine lorsqu’il a indiqué qu’on ne pouvait endetter la Ville de 30 M$ pour s’offrir un tunnel? Bon il a quelque peu nuancé ses propos depuis en précisant qu’il serait impensable de ne pas aller voir si on peut obtenir de l’aide, lire une ou deux subventions. Quant à savoir si tunnel de 30 M$ il y aura si les subventions souhaitées ne sont pas au rendez-vous, c’est le genre de question à laquelle M. Corbeil n’a vraiment pas envie de répondre.

Pour être tout à fait honnête, c’est « LA » question à laquelle il ne peut répondre, sans se peinturer dans le coin. S’il dit que le tunnel se fera peu importe le fruit de ses démarches auprès des gouvernements supérieurs, il y a fort à parier que ces derniers le prendront au mot et lui diront de s’organiser avec ses troubles et ses dépenses.

Et si Claude Corbeil répond que Saint-Hyacinthe est trop pauvre (ou endettée) pour se payer un tunnel, il reniera l’engagement pris par la Ville en décembre 2012 envers ses citoyens. À ce moment, le conseil dirigé par le maire Claude Bernier avait pris l’engagement formel de demander au Canadien National de lancer la préparation d’un tunnel, en souhaitant son inauguration pour 2015, soit l’an prochain.

Vérifications faites, il n’y avait pas d’astérisque au bout de la résolution, ni de note en bas de page rendant ce tunnel conditionnel à l’octroi de subventions gouvernementales.

C’est en toute connaissance de cause, et au grand dam du maire Bernier et du conseiller Bernard Barré, que le conseil s’était engagé sur cette coûteuse voie.

Cette décision de 30 M$ avait été prise au terme d’une consultation publique et d’un vaste sondage téléphonique qui avaient couronné, à la surprise même de l’administration municipale, la coûteuse option du tunnel.

Cette décision de 30 M$ avait été prise au terme d’une consultation publique et d’un vaste sondage téléphonique qui avaient couronné, à la surprise même de l’administration municipale, la coûteuse option du tunnel.

On s’entendra tous pour dire que si l’assurance avait été donnée à l’époque que des subventions étaient possibles, toute cette consultation populaire aurait été inutile puisque le conseil aurait été unanime à exiger un tunnel.

Comme le conseil actuel est pratiquement une copie conforme de celui de décembre 2012, à l’exception du maire et de deux conseillers, les élus savent pertinemment la nature exacte de l’engagement pris en 2012. Au cours de la campagne électorale de l’automne 2013, le candidat Claude Corbeil avait d’ailleurs déclaré qu’il n’avait pas l’intention de rouvrir le débat sur le tunnel ou le passage à niveau et qu’il était du genre à aller de l’avant quand une décision était prise. De toute évidence, le résultat de la récente élection provinciale au Québec lui a redonné de l’espoir.

Cela dit, il est très loin d’être acquis que les gouvernements seront enclins à satisfaire les attentes des élus maskoutains. Chaque jour, on nous rappelle l’état désastreux des finances publiques et on nous prépare à un régime d’austérité jamais vu.

On nous dit que chaque programme et chaque dépense sont revus et soupesés. Il en sera de même pour les dépenses du ministère des Transports. On nous remettra sûrement sur le nez qu’on peut se considérer chanceux d’avoir obtenu l’actuelle réfection du tunnel Laframboise et celle imminente du pont Bouchard.

Qu’on a eu notre large part du petit gâteau! On nous sert la même salade quand nous revendiquons l’agrandissement de l’urgence de l’hôpital Honoré-Mercier, qui a été réhabilité et « déchampignoné » pour 180 M$ il y a quelques années à peine.

On risque donc de payer et de souffrir longtemps pour cette réhabilitation.

Bien hâte de voir ce que feront nos élus quand on leur dira qu’il n’y a pas d’argent pour notre tunnel à Québec. Bien peur que le statu quo perdure longtemps sur le boulevard Casavant, car l’aménagement d’un passage à niveau serait une honte.

En attendant que la lumière soit faite sur le dossier du tunnel, c’est tout le développement économique d’un secteur stratégique qui est placé sur la voie d’évitement. Et plus le temps passe et plus le tunnel coûtera cher.

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