5 avril 2012
Quarante-cinq ans de fidélité à l'AFEAS
Pauline Cossette : un pilier de la condition féminine
Par: Le Courrier
Pauline Cossette a célébré l'automne dernier, 45 années de fidélité à l'Afeas.

Pauline Cossette a célébré l'automne dernier, 45 années de fidélité à l'Afeas.

L’Association féminine d’éducation et d’action sociale (Afeas) régionale Richelieu-Yamaska a célébré l’automne dernier ses 45 ans d’existence. Parmi les membres présents à cette occasion, des femmes soulignaient également leurs 45 années de fidélité à l’association, dont Pauline Cossette.

Décrite par la vice-présidente de l’Afeas régionale Richelieu-Yamaska, Pierrette Godbout, comme étant son mentor, Pauline Cossette a consacré 45 années de sa vie à défendre les droits des femmes et à parfaire leur éducation. D’abord inscrite à l’Union catholique des femmes rurales (UCFR), Mme Cossette avait déjà la volonté de changer les mentalités et les conditions de vie des femmes de tous les milieux.

C’est avec la fusion des Cercles d’économie domestique (CED) et de l’UCFR, que l’Afeas voit le jour le 22 septembre 1966. Avec sa formation d’enseignante, Mme Cossette a vite été sollicitée par ses pairs pour parfaire l’éducation des femmes à différents niveaux, tels l’éducation des enfants.« Les femmes manquaient de confiance en elles par rapport à l’éducation de leurs enfants. Nous avons donc formé un comité pour créer un cours sur l’éducation des enfants et le cours atteignait toujours sa capacité maximale », relate-t-elle.Les femmes devenant de plus en plus éduquées, elles se sont davantage penchées sur leur réalité et les problèmes qu’elles vivent au quotidien. « Quelqu’un qui s’éveille se rend compte des problèmes vécus par les femmes », ajoute-t-elle.L’action sociale étant l’un des objectifs de l’Afeas, l’association a organisé des réunions hebdomadaires durant lesquelles les femmes étudiaient des dossiers et travaillaient, entre autres, sur le Code civil.Plusieurs réussites ont découlé des actions posées par les membres de l’Afeas, dont la publication bilingue des inscriptions figurant sur les patrons de couture, la reconnaissance des femmes au foyer à titre de collaboratrice du mari dans une entreprise à but lucratif, la pension alimentaire, la reconnaissance des travailleuses au foyer ainsi que l’accès à l’assurance-chômage.« On a travaillé beaucoup sur le sujet de l’assurance-chômage et cela a changé quelque chose. C’était une grande injustice! On a fait des publications et des représentations et la législation a finalement changé. Cela a pris quelques années pour y avoir droit, mais c’est venu par la suite et elles [les femmes au foyer] y ont eu droit », précise-t-elle.Afeas Richelieu-Yamaska a aussi pris position envers des causes régionales. On se souviendra de l’organisation de la marche contre la fermeture du Centre d’hébergement Andrée-Perrault ainsi que du déménagement du centre d’hébergement pour femmes violentées, La clé sur la porte.Un dossier a toutefois échappé à l’Afeas. C’est celui de l’éligibilité des femmes au foyer au Régime des rentes du Québec. Selon Mme Cossette, plusieurs femmes âgées en paient aujourd’hui le prix.« Les femmes au foyer d’autrefois n’ont plus rien aujourd’hui. Elles ont la pension au fédéral et le supplément de revenu garanti, mais personne ne peut vivre avec un tel revenu. Il y a beaucoup de femmes âgées pauvres aujourd’hui qui étaient des travailleuses domestiques par amour. »En 45 ans, l’Afeas régionale Richelieu-Yamaska a creusé beaucoup de dossiers et a déposé plusieurs mémoires. Elles ont fait entrer des femmes là où les femmes n’étaient jamais allées. Mais elle a aussi éveillé la conscience de toute une société. « On ne travaillait pas que pour des femmes, on travaillait pour toute une société », conclut Pauline Cossette.

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