9 juin 2011
Crise au Parti québécois
Pelletier reste dans le rang
Par: Jean-Luc Lorry
Le député péquiste de Saint-Hyacinthe Émilien Pelletier.

Le député péquiste de Saint-Hyacinthe Émilien Pelletier.

Le député de Saint-Hyacinthe Émilien Pelletier n’est pas prêt de claquer la porte du Parti québécois. Le péquiste considère « démesurée » la démission des députés Lisette Lapointe, Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Jean-Martin Aussant.

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« Je ne suis pas surpris par la démission de ces députés parce que l’on sentait qu’il y avait des désaccords sur certains points au niveau du caucus. Pas uniquement sur le projet de loi 204 qui a allumé certaines discussions », a indiqué en entrevue au COURRIER, Émilien Pelletier, lors d’une pause du caucus extraordinaire tenu mardi par sa formation politique, à la suite de ce coup d’éclat.

En conférence de presse, Lisette Lapointe a expliqué que ce projet de loi 204, une entente verrouillée entre la Ville de Québec et Quebecor sur la gestion du futur amphithéâtre, était « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».Émilien Pelletier se dit favorable à ce projet de loi et l’appuiera sans doute lors du vote qui a été reporté en septembre. « Le projet de loi que l’on dépose est une entrée d’argent pour la Ville de Québec et non une sortie. On n’a pas besoin d’aller en appel d’offres. Cela s’est fait de façon légale même s’il y a des contestations au niveau de la forme », commente l’ancien conseiller municipal de Saint-Hyacinthe. « Si vous fouillez dans les archives, vous verrez qu’il y a eu aussi des projets de loi privés pour Saint-Hyacinthe. Mais qui n’avaient pas la même ampleur que le projet de loi 204. »

La vraie cible

Lors de son intervention publique, Mme Lapointe a envoyé quelques flèches en direction de Pauline Marois et de sa garde rapprochée. « Le Parti québécois que je quitte, c’est celui de l’autorité outrancière d’une direction obsédée par le pouvoir. L’atmosphère est devenue irrespirable », a déclaré Mme Lapointe pour justifier son départ.

Un jugement que ne partage pas Émilien Pelletier. « Je ne suis pas d’accord avec elle. Étant en politique provinciale depuis 2008, je n’ai pas connu d’autre chef que Mme Marois, mais je trouve qu’elle consulte beaucoup », considère le député.« Je ne commencerai pas à tirer sur ma chef parce qu’elle n’est pas la bonne cible. La cible que je veux viser, la vraie cible, c’est Jean Charest et le Parti libéral qui administrent le Québec de façon épouvantable depuis huit ans », poursuit-il avec détermination.Contre vents et marées, Émilien Pelletier demeure fidèle à Pauline Marois et restera dans les rangs du Parti québécois « pour atteindre l’objectif ultime qui est la souveraineté du Québec ». « Actuellement, le seul véhicule qui peut faire la souveraineté, c’est le Parti québécois. Il n’existe pas à court terme d’autres véhicules qui peuvent atteindre ce but. Si l’on dit que l’on va démissionner et que l’on va regarder les affaires, je ne pense pas que cela nous aide à avancer. »Avant de laver son linge sale en public, Émilien Pelletier conseille à ses collègues d’y réfléchir à deux fois. « Nous sommes un parti d’idées et très émotif. Il est normal qu’il y ait des luttes internes. Sur le fond, on peut toujours être en désaccord sur des façons de faire. Personnellement, je pense qu’il y a moyen de faire changer les choses de l’intérieur et non de l’extérieur sans que cela dépasse les bornes », tranche M. Pelletier.Les quatre députés démissionnaires siégeront désormais à l’Assemblée nationale comme indépendant.

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