29 novembre 2012
L'incident Barré - Bousquet
Personne n’applaudit au conseil
Par: Le Courrier

La charge en règle du conseiller Bernard Barré contre son collègue David Bousquet à la dernière séance publique du conseil a manifestement commotionné quelques élus.

Certains ont été à ce point troublés par l’incident qu’ils ont carrément refusé d’en parler lorsque LE COURRIER leur a demandé leur avis sur la question. « Je n’ai aucun commentaire à faire sur ça », a par exemple laissé tomber Sylvie Adam. Sa collègue Louise Arpin a aussi refusé de commenter l’affaire.

Même réaction chez Nicole Dion-Audette, qui dit ne pas avoir l’habitude d’émettre son opinion sur les affaires du conseil. « Ça s’est passé entre deux conseillers et je ne veux surtout pas commenter », a-t-elle dit.Sylvain Savoie croit pour sa part qu’un conflit de personnalités est à l’origine de la sortie de M. Barré, mais il ne veut pas s’en mêler. « Ce n’est pas la première fois que ça se produit. En plénière, ce sont des choses qui se parlaient. On connaît le tempérament de Bernard Barré et on ne peut rien y faire. Il s’est exprimé, et c’est comme ça que ça a sorti. »Brigitte Sansoucy aborde elle aussi cette affaire avec la plus grande prudence. « Je ne suis pas intervenue le soir même et je n’en rajouterai pas ce matin. Je crois que plus on en rajoute, plus on crée une escalade. Pour moi, la motivation qu’il y a derrière cet esclandre n’est pas claire, et je suis mal à l’aise devant tout ce qui peut ressembler à une chasse aux sorcières », a-t-elle confié.À la séance du 19 novembre, Bernard Barré y est allé d’une longue tirade durant laquelle il a accusé publiquement David Bousquet d’être « le père Ovide » du conseil, celui qui rapporte aux médias tout ce qui se dit aux séances à huis clos. Il en a donné pour preuve le fait que M. Bousquet avait ébruité sur Facebook l’objet de la conférence de presse sur le projet de construction de trois glaces par une entreprise privée. David Bousquet a réagi en affirmant, le soir même, puis dans un communiqué, que son détracteur se trompait de cible.« Selon moi, il y en a d’autres », croit André Beauregard, qui n’a pas été vraiment surpris de la sortie de Bernard Barré. Mais il n’a pas particulièrement apprécié la scène à laquelle il a assisté en pleine séance publique. « Ce n’est pas le fun pour personne, mais ce qui est fait, est fait. J’ai à travailler avec les deux conseillers et je trouve ça délicat. Mais hier (lundi), on a eu une plénière et tout s’est passé comme à l’habitude. »

Déplacé

Les conseillers interrogés ne se sont pas exprimés sur l’incident Barré avec la même réserve. Pour Donald Côté, l’intervention de son collègue était tout à fait déplacée. « J’ai été très surpris, absolument, et ça m’a laissé très mal à l’aise. J’ai pensé que le maire l’arrêterait. La raison pour laquelle il a traité David Bousquet de père Ovide, c’est son opinion, ce n’est pas la mienne. C’est du grand Bernard Barré : il aime beaucoup les effets de toge, mais ce n’était pas à moi de le corriger », a-t-il commenté.Alain Leclerc trouve aussi que M. Barré y est allé fort dans son discours. « Je ne sais pas quel serait le terme exact, mais c’était peut-être déplacé. Personnellement, j’aime mieux que ce genre de discussions se tiennent en privé. S’il avait quelque chose à reprocher à David Bousquet, il aurait pu lui dire directement. De l’avoir fait publiquement, je ne sais pas qui ça sert. Ça aurait été difficile de l’arrêter, il n’y avait pas beaucoup de pause dans son discours, ça déboulait. Mais au travers de tout ça, je vois un signe des temps, un conflit intergénérationnel. Les générations X ou Y, ce sont les générations Facebook et elles fonctionnent à livre ouvert. Ça risque de changer énormément au fil du temps : l’information va circuler de façon bien différente qu’avant », croit le conseiller Leclerc.Quant au maire, Claude Bernier, il a expliqué qu’au conseil, tous étaient libres d’exprimer leur opinion, ce qui vaut aussi pour le conseiller Barré. « Et je laisse chacun tirer ses conclusions. Il n’y a pas de problème de diffusion de l’information à la Ville. Ce que le maire diffuse et ce que le directeur général diffuse, c’est la position de la Ville. Si un élu n’est pas à l’aise et veut partager son point de vue avec les médias, je n’ai pas de problème avec ça », a-t-il affirmé.Seul le conseiller Guylain Coulombe n’a pu être joint par LE COURRIER.

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