18 avril 2013
La Moisson Maskoutaine
Peu de nourriture achetée pour compléter les dons alimentaires
Par: Jean-Luc Lorry
La Moisson Maskoutaine s'est fixée comme mission de coordonner et de redistribuer les denrées alimentaires recueillies vers plusieurs organismes affiliés.

La Moisson Maskoutaine s'est fixée comme mission de coordonner et de redistribuer les denrées alimentaires recueillies vers plusieurs organismes affiliés.

Contrairement à d’autres banques alimentaires régionales, La Moisson Maskoutaine achète peu de nourriture pour compléter les dons alimentaires qu’elle reçoit de la population et des entreprises partenaires, a constaté LE COURRIER.

publicité

« Plus l’année avance, moins nous avons une variété de denrées alimentaires. Lorsque nous n’avons pas la nourriture demandée, c’est l’organisme lui-même qui l’achète », indique Claudine Gauvin, directrice générale de La Moisson Maskoutaine.

Une décision critiquée par le Comptoir-Partage La Mie, un organisme de Saint-Hyacinthe qui bénéficie comme 18 autres des services de La Moisson Maskoutaine. « Il arrive même que des denrées périssables soient périmées. La Moisson Maskoutaine devrait acheter de la nourriture », considère Patrice Dufour, président du Comptoir-Partage La Mie.Cet organisme consacre 60 000 $, soit la moitié de son budget à l’achat de nourriture. « Notre mandat est de distribuer des aliments qui correspondent le mieux au Guide alimentaire canadien. Nous n’avons donc pas le choix de compléter la nourriture que nous recevons de La Moisson Maskoutaine par l’achat de fruits, de légumes et de la viande », indique M. Dufour. Environ 220 familles s’approvisionnent chaque semaine au Comptoir-Partage La Mie.Les États financiers de La Moisson Maskoutaine dont nous avons obtenu copie indiquent pour l’année 2011-2012 des revenus totalisant 320 908 $. En 2011, le Grand Partage Maskoutain qui mise sur la générosité populaire avait récolté 67 000 kg de denrées et 128 650 $. Patrice Dufour considère que les organisateurs du Grand Partage Maskoutain devraient spécifier que les dons monétaires sont dédiés exclusivement à la gestion de la banque alimentaire et ne servent pas à l’achat direct de nourriture pour les paniers de Noël.Toutefois, il peut arriver en cours d’année que certains montants reçus servent à l’achat de nourriture. L’an dernier, la Fondation Tirelire (producteurs de porc du Québec) avait remis à l’organisme un chèque de 5 000 $ destiné spécifiquement à l’achat de viande.

Nourriture achetée ailleurs

D’autres organismes régionaux qui sont membres du réseau Moisson de Banques alimentaires du Québec consacrent pour la plupart, une partie de leur budget à l’achat de nourriture (voir tableau).

Chez Moisson Estrie qui offre ses services dans la région de Sherbrooke, un montant de 50 000 $ est réservé pour compléter les dons alimentaires. « Chaque semaine, nous achetons de la viande, des légumes frais, du lait, des oeufs et du pain chez les épiciers locaux pour un prix avantageux », indique Geneviève Côté, directrice générale de Moisson Estrie. Cet organisme dispose d’un budget de 800 000 $ et redistribue des denrées alimentaires auprès de 20 organismes. La Moisson Rive-Sud, qui est la principale banque alimentaire en Montérégie, consacre annuellement 30 000 $ à l’achat de nourriture. « Même si les aliments en fin de vie que nous recevons sont de bonne qualité, ils ne sont pas assez variés », considère Catherine Boyer, directrice générale de La Moisson Rive-Sud. Sur la liste d’épicerie de cet organisme figure de la viande, du lait et des oeufs.La Moisson Maskoutaine souhaite intégrer le réseau de Banques alimentaires du Québec et y a déposé une demande actuellement évaluée par un comité.Achat de nourriture des banques alimentaires en 2012 Organismes Budget de fonctionnement Achat de nourriture La Moisson Maskoutaine 320 908 $ 6 000$ Moisson Rive-Sud 542 000 $ 30 000 $SOS Dépannage / Moisson Granby 429 000 $ 40 000 $Moisson Estrie 800 000 $ 50 000 $Moisson Mauricie / Centre du Québec 600 000$ 0$Moisson Beauce 575 000$ 50 000 $

image