30 juillet 2020
Séries éliminatoires de la LNH
Philippe Desrosiers dans la « bulle » des Panthers
Par: Maxime Prévost Durand

Philippe Desrosiers, qui a disputé toute la dernière saison avec les Thunderbirds de Springfield dans la ligue américaine, fait partie des quatre gardiens que les Panthers de la Floride ont amenés à Toronto pour les séries. Photo gracieuseté

Le Maskoutain Philippe Desrosiers pourrait vivre son premier match dans la LNH dans un contexte pour le moins particulier : en pleines séries éliminatoires. L’athlète de 24 ans fait partie du quatuor de gardiens de but inclus dans la « bulle » de 30 joueurs des Panthers de la Floride qui a fait le voyage jusqu’à Toronto, où les formations de l’Association de l’Est ont convergé dimanche en vue de la reprise des activités du circuit Bettman.

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L’ancien des Gaulois du Collège Antoine-Girouard, qui s’est joint à l’organisation floridienne il y a tout juste un an, se retrouvera aux côtés du vétéran Sergei Bobrovsky et de ses auxiliaires Chris Driedger et Samuel Montembeault. Desrosiers est le seul du groupe à n’avoir disputé aucun match dans la LNH. Il a joué toute la dernière saison dans la ligue américaine avec les Thunderbirds de Springfield. Sa présence dans l’entourage des Panthers servira de police d’assurance en cas de blessures ou d’absences liées au virus.

« Ça peut aller vite, donc ça se pourrait que je me retrouve devant le filet durant les séries, ce qui serait vraiment spécial », mentionne Desrosiers, joint par LE COURRIER mardi matin, tout juste avant une rencontre d’équipe.

Un rêve de p’tit gars

Même si le contexte du retour au jeu est particulier, c’est un véritable « rêve de p’tit gars » que Philippe Desrosiers vit en accompagnant les Panthers pour les séries éliminatoires. Le fait que l’ensemble des équipes de l’Association de l’Est qui participent aux séries soient regroupées à Toronto l’amène par ailleurs à côtoyer plusieurs joueurs qu’il admire. Et il ne cache pas son excitation.

« Je suis un fan de hockey à la base, donc je suis comme un enfant dans un magasin de bonbon. On a le droit d’aller à chaque game si on veut. Je vais aller au match préparatoire du Canadien ce soir [mardi]. »

Desrosiers raconte que huit équipes se trouvent à son hôtel, ce qui lui permet de voir plusieurs joueurs qu’il admire. « En allant à l’aréna hier, j’ai croisé [Carey] Price, [Shea] Weber et [Alexander] Ovechkin, dit-il d’une voix émerveillée. Je sais que je suis rendu à ce niveau-là, mais c’est quand même le fun de croiser tous ces joueurs. Il y a beaucoup de vedettes! »

Il pourrait même tomber sur un gardien qu’il admire particulièrement, Henrik Lundqvist, des Rangers de New York. « Il ne le sait pas, mais je l’aime beaucoup comme goaler », lance-t-il au bout du fil.

Un autre joueur qu’il a croisé depuis son arrivée dans la Ville Reine, c’est son bon ami Anthony Beauvillier, que les Panthers affronteront justement au premier tour dans leur confrontation avec les Islanders de New York. « On s’est salué. Il essayait de me demander des infos sur l’équipe… », dit Desrosiers en riant, confirmant du même coup ne pas avoir cédé à cette demande.

Des mesures strictes

L’effet COVID-19 se fait sentir sur cette reprise des activités de la LNH. Avant de s’envoler pour Toronto, tous les joueurs des Panthers – et des autres équipes – ont dû passer un test de dépistage et le port du masque était obligatoire dans l’avion, raconte Desrosiers.

« C’est assez strict, mais c’est bien fait. C’est sécuritaire, ajoute-t-il au sujet du site où se trouve son équipe à Toronto. Ce ne sont pas de grandes chambres, les gars qui sont habitués au Ritz ont chialé un peu…, poursuit le gardien, loin de faire partie de ceux qui se plaignent. On a une salle où on peut relaxer, jouer aux cartes ou aux jeux vidéos. »

Se dérouiller

Inactif depuis mars, quand les activités de hockey professionnel ont toutes été suspendues, Philippe Desrosiers est arrivé en Floride quelques semaines avant le début du camp d’entraînement des Panthers pour entamer sa quarantaine et, par la suite, en profiter pour repartir la machine graduellement.

« Je n’avais pas patiné depuis la dernière game que j’avais jouée, alors je voulais me dérouiller un peu, confie-t-il. C’était dur comme camp, mais pas trop non plus. »

Physiquement, il dit être en bonne forme. Il est toutefois confronté à un niveau plus élevé que celui auquel il est habitué dans la ligue américaine. « Ce sont les réflexes qui sont plus longs à revenir des fois. Le niveau est bon dans la ligue américaine, mais il y a une vraiment une coche de plus dans la ligue nationale. Les camps d’été [auxquels j’ai participé les autres années] n’étaient pas aussi forts qu’en ce moment. Je vois que j’ai encore du travail à faire, surtout sur les jeux de passes transversales. »

Depuis le début du camp, il a notamment été jumelé au vétéran gardien de dix saisons, Sergei Bobrovsky. « J’apprends beaucoup avec lui. C’est un professionnel. Il est toujours le premier arrivé et le dernier parti. Il me donne des conseils. »

Même s’il ne jouait pas au cours de ces séries éliminatoires, Philippe Desrosiers ne serait pas déçu. Il souhaite surtout maximiser cette opportunité qui s’offre à lui pour apprendre et ajouter cette expérience à son bagage.

« Je suis chanceux de vivre ça. Tous mes chums avec qui j’ai grandi me disent d’en profiter le plus possible. » Et il y compte bien.

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