21 mai 2015
Pincez-moi quelqu’un
Par: Le Courrier
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Le parti fondé par René Lévesque est aujourd’hui entre les mains de Pierre-Karl Péladeau, dit le sauveur du PQ ou l’ultime espoir des souverainistes en quête d’un pays. Pas certain qu’il comblera toutes les attentes placées en lui.

Sauf celles des journalistes qui ne s’ennuieront pas avec lui. Disons que depuis qu’il s’est lancé en politique active, la controverse semble coller à lui comme la misère sur le pauvre monde, pour reprendre l’expression populaire.

Nul doute que son nouveau statut l’exposera encore bien davantage dans tout ce qu’il a de meilleur… et de pire également. Le fruit risque donc de mûrir sous le feu des projecteurs, ce qui n’est pas toujours une bonne chose. Disons qu’il aurait sans doute gagné à polir son style encore un peu et à aiguiser davantage ses réflexes.

Hâte de voir comment il composera avec la pression régulière des journalistes, de ses adversaires politiques et des membres du PQ, un parti reconnu pour faire la vie dure à ses chefs. Disons que PKP n’a jamais donné l’impression d’exceller dans l’art de la nuance et du compromis. En tant que rassembleur, il risque d’unir en deux camps ses propres alliés autant que ses pires ennemis politiques.

Nul doute qu’il va polariser davantage les électeurs.

Les prochaines semaines, mois et années seront tout sauf reposants à l’Assemblée nationale. Nombre de controverses vont survenir, dont plusieurs, forcément, autour de PKP et de Québécor. On l’a vu dès mardi dans le dossier Renaud-Bray.

Comme nous l’écrivions lors de la dernière élection provinciale, le mélange des genres n’est jamais une bonne chose. Pas plus en journalisme qu’en politique.

Fiducie ou pas, on ne peut contrôler à la fois un empire médiatique et un parti politique, voire un empire en devenir tout court quand il est question du pays.

L’aventure politique de PKP n’était pas une bonne idée quand il s’est fait élire comme député de Saint-Jérôme. Elle ne l’est pas davantage depuis le week-end. Divertissante à bien des égards certes, mais signe de renaissance du PQ ou d’envol de l’option souverainiste, permettez-moi d’en douter encore un peu. Le parti fondé par René Lévesque est-il réellement entre les mains de PKP? René Lévesque et Pierre-Karl Péladeau, mêmes valeurs et même combat? Pincez-moi quelqu’un. M.B.

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