28 novembre 2013
Pirouette municipale
Par: Martin Bourassa
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Le maire Claude Corbeil n’a sans doute pas tellement apprécié sa première séance publique aux commandes de la Ville de Saint-Hyacinthe.

À sa place, ce n’est pas tant la montée de lait inappropriée de Bernard Barré qui m’aurait mis le feu au passage, que la façon avec laquelle la Ville semble mener la transformation du stade C.-A.-Gauvin en centre multisports.Plus précisément, je pense à la façon cavalière dont elle a traité son seul client payant, à savoir le club de gymnastique Gymnaska-Voltigeurs.On a appris lors de cette assemblée, et gageons que c’est aussi le cas du maire, que la Ville a modifié sans préavis les plans de construction et de réaménagement du centre multisports. Pour des raisons économiques, elle a sacrifié l’aménagement de fosses pour la pratique sécuritaire de la trampoline et des sauts, l’une des seules exigences de Gymnaska. Ce dernier a été mis devant le fait accompli, voire un ultimatum financier non détaillé. La direction générale s’est maladroitement expliquée en plaidant l’urgence, un argument qui n’excuse pas tout. Le sentiment d’urgence a le dos large à la Ville. Urgence de bâtir les trois glaces, urgence de régler le dossier de la Métairie, urgence de lancer les travaux du centre multisports, sommes-nous à ce point pressés de multiplier les investissements au point d’abandonner tout sens critique, tout jugement de valeur et tout respect mutuel entre les parties impliquées?Faut-il absolument vite faire au risque de mal faire?Fort heureusement, la Ville a corrigé le tir et décidé ces derniers jours qu’elle creusera à ses frais les fameuses fosses. C’était la décision à prendre et la bonne nouvelle, c’est qu’elle est venue. C’est la décision du gros bon sens. Imaginez un peu le ridicule et la dépense supplémentaire s’il avait fallu intervenir dans cinq ou dix ans pour ajouter ces fosses. Mais de là à penser que la Ville fait une fleur au club de gymnastique, il ne faut pas charrier non plus. Gymnaska a déjà été bon (trop?) joueur en acceptant de plein gré et sans sourciller de défrayer une partie des travaux. Il est question d’un engagement potentiel de 500 000 $ sur une période de 15 ans (600 000 $ avec les intérêts). J’écris potentiel, car comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, Gymnaska s’est fait dire récemment qu’elle pourrait devoir éponger une facture additionnelle de 244 000 $. La Ville lui refile donc une facture salée pour lui permettre d’améliorer son sort. Mais a-t-on fait payer le gros prix aux clubs de natation et de nage synchronisée pour les loger dans un centre aquatique de 22 M$? Fera-t-on payer le gros prix au Club de boxe de Saint-Hyacinthe pour l’installer dans un centre réaménagé à grands frais? La réponse est non, tous les clubs sportifs et de loisirs sont logés pratiquement sur le bras dans les installations sportives et culturelles maskoutaines (Métairie). Tous, sauf le club de gymnastique local qui fait bouger, sauter et virevolter des centaines de jeunes Maskoutains chaque semaine. C’est injuste.

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