29 août 2019
Je soutiens mon journal
Plus que des mots
Par: Le Courrier

Permettez que je prenne une petite pause d’opinion sur l’actualité locale et régionale, mais pas tant que ça. Je souhaite rebondir sur les propos tenus la semaine dernière par mon éditeur, Benoit Chartier, sur la crise des médias et les malheurs de la presse écrite.

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Il s’agit d’une initiative toute personnelle et non d’une commande. Mon patron n’a pas l’habitude de me dire quoi écrire de toute façon et j’apprécie grandement la confiance qu’il me témoigne.

Vous avez pu prendre connaissance la semaine dernière des préoccupations de M. Chartier sur cette crise qui secoue tous les joueurs de l’industrie, et de façon plus criante les quotidiens régionaux du Groupe Capitales Médias. Vous avez aussi pu l’entendre mardi devant la commission parlementaire qui se penche sur l’avenir des médias. Sinon, vous pouvez lire le résumé de son intervention dans la présente édition du journal.

Mon patron est un homme inquiet et avec raison. Ses employés également. Comme il le disait la semaine dernière, DBC Communications ne vit pas dans une bulle de verre. Cette crise est réelle, tout comme ses effets.

Ce n’est pas encore la débandade comme ailleurs, mais il faut être pas mal imaginatif à tous les niveaux pour maintenir la tête hors de l’eau et poursuivre avec acharnement, conviction et imagination notre mission première qui consiste à bien vous informer.

À Saint-Hyacinthe, Le Courrier de Saint-Hyacinthe est une institution aux racines profondes. Il fait partie des meubles et des habitudes. Témoin privilégié de la vie maskoutaine dans ce qu’elle peut avoir de meilleur ou parfois de pire, il affiche encore une forme enviable malgré ses 167 ans bien assumés.

Mais on aurait toutefois tort de tenir notre journal et ses journalistes pour acquis, eux qui sont souvent les seuls à courir les activités ou à couvrir les conférences de presse qui concernent les Maskoutains, ainsi que les affaires municipales à l’année. Il faut plutôt voir dans les soubresauts médiatiques des derniers jours l’annonce d’un réveil nécessaire. Une prise de conscience collective doit en effet s’opérer chez les lecteurs et annonceurs quant à l’importance d’une presse régionale en santé pour le bien-être de la démocratie bien entendu, mais aussi pour l’essor de notre belle communauté. Les Maskoutains sont des gens fiers. Ils sont attachés au COURRIER et n’ont jamais été aussi nombreux à nous lire à travers notre journal papier et différentes plateformes électroniques. Il ne faut pas attendre que nous soyons à l’agonie avant de vous manifester, de vous abonner ou d’y annoncer. Il n’y a pas de meilleure façon de nous manifester votre soutien et votre affection. Par des gestes concrets, et non par de belles paroles.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec vient de lancer une campagne visant à mobiliser la population sur l’importance de soutenir les journaux. Elle a entre autres demandé à toutes les municipalités de recommencer à publier leurs avis publics dans les journaux locaux. La FPJQ demande aussi aux entreprises privées de faire leur effort, en achetant des espaces publicitaires dans ces journaux. C’est plus que nécessaire et cet appel doit être entendu.

Dans la région, plusieurs municipalités, dont la Ville de Saint-Hyacinthe, ont jusqu’ici résisté à la tentation de retirer leurs avis publics de notre journal. C’est apprécié et on invite celles qui l’ont fait à revenir à leurs anciennes pratiques.

Mais le retour des avis ne règlera pas tout, encore faut-il que ces municipalités continuent de nous soutenir par l’achat de publicité le reste du temps.

Je me souviens d’avoir eu une discussion avec le maire Claude Corbeil au sujet d’une perception quant aux pratiques publicitaires de la Ville à l’égard du COURRIER. J’avais l’impression que l’administration avait comme directive de maintenir la publication des avis dans le journal, tout en limitant au strict minimum toute autre forme de publicité. Fausse perception, m’avait-il répondu. Cela ne m’avait qu’à moitié rassuré.

Tiens, encore cette année, à titre d’exemple, la Ville de Saint-Hyacinthe n’a pris aucune publicité dans nos journaux pour faire la promotion des Beaux mardis de Casimir. Et pour mousser son dernier week-end portes ouvertes sur l’immobilier, elle a dépensé la coquette somme de 143 811 $ en publicité, dont à peine 2619 $ dans les journaux de DBC.

Je soutiens mon journal? Parfait, mais les bottines doivent suivre les babines.

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