16 août 2012
Pour enrichir nos réflexions sur le gaz de schiste
Par: Le Courrier

Mesdames Julie Robert, Carole Dubois, Chantal B. Favreau,Messieurs Pascal Grondin, Mario Lyonnais,

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Mesdames Julie Robert, Carole Dubois, Chantal B. Favreau,Messieurs Pascal Grondin, Mario Lyonnais,

C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons lu votre texte « Gaz de schiste, quelques réflexions » publié dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe du 9 août (A11). Vous y relatez votre voyage en Alberta. Nous vous félicitons d’avoir fait des recherches sur le dossier des gaz de schiste en visitant une région productrice de gaz et souhaitons contribuer à votre réflexion. Ici, à La Présentation, les citoyens sont particulièrement inquiets de la présence d’un puits pour lequel le ministère de l’Environnement (MDDEP) a émis un avis d’infraction le 17 janvier 2011. Cet avis concerne l’émission d’un contaminant, soit du méthane « …dont la présence dans l’environnement est susceptible de porter atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité, au bien-être ou au confort de l’être humain. » On peut également y lire que « … ces émissions pourraient engendrer une contamination de l’eau souterraine. »Vous avez été surpris d’apprendre l’existence de « …produits de fracturation… non toxiques et biodégradables… »; nous le sommes également. Le 12 juin 2012, lors d’une rencontre à Sherbrooke avec Mario Levesque, président de l’Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers (AFSPG) et Michael Binnion, président-directeur général de Questerre Energy, la question de la contamination des nappes phr��atiques était à l’avant-plan. Pourquoi l’existence de ces produits n’a-t-elle jamais été mentionnée lors de nos échanges avec ces représentants de l’industrie? Nous nous questionnons sur la nature exacte de ces nouveaux produits. Une recherche scientifique rigoureuse exigerait que le collectif des scientifiques puisse les analyser en profondeur. Même si ces produits peuvent possiblement atténuer certains problèmes, le méthane demeure une source de contamination de l’air et de l’eau, tel que mentionné dans l’avis d’infraction du Ministère. Une étude parue en juillet dernier, réalisée par le géochimiste Avner Vengosh et ses collègues de l’université Duke, conclut « … que des réserves d’eau potable du nord-est de la Pennsylvanie risquent d’être contaminées par des gaz s’échappant des puits d’exploitation des gaz de schiste. » Quels que soient les produits utilisés, la fracturation ne permet de récolter qu’environ 20 % du gaz dans la roche mère (Marc Durand, doc ing en géologie appliquée). Le jeu en vaut-il la chandelle? Peu importe les choix énergétiques que nous ferons, il y aura des conséquences sur l’environnement. Confrontés aux enjeux du réchauffement climatique, les scientifiques ont fait la démonstration que l’avenir ne réside pas dans l’exploitation des hydrocarbures, mais dans le développement des énergies vertes. Nous croyons que les Québécois possèdent le génie et habitent un territoire dont les ressources leur permettront de devenir des chefs de file dans ce domaine.

Line Fredette, Denise Lamontagne, Gérard MontpetitLa Présentation

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