18 avril 2013
Fracturation hydraulique et sols instables
Pour éviter le pire à Saint-Jude
Par: Le Courrier

Afin d’atténuer les risques que survienne un autre glissement de terrain meurtrier dans la municipalité de Saint-Jude, le gouvernement doit prohiber toute prospection gazière par fracturation hydraulique, affirme le groupe Mobilisation gaz de schiste de la Vallée des Patriotes.

« Nous dénonçons la lenteur du ministère de la Sécurité publique à prendre position dans le dossier de la fragilité des sols de la municipalité de Saint-Jude. Une enquête a été instituée en mai 2010, à la suite du tragique glissement de terrain qui a emporté la famille Préfontaine. Nous demandons à ce que notre village soit interdit de fracturation hydraulique, et ce, de façon permanente », a déclaré la présidente du comité Mobilisation, Marie-Ève Mathieu, lors de la conférence de presse qu’elle a donnée à la mairie de Saint-Jude en compagnie du maire de la municipalité, Yves de Bellefeuille.

Les citoyens et les dirigeants municipaux de Saint-Jude sont d’autant plus inquiets que selon des études scientifiques, il existerait un lien entre la fracturation hydraulique et certaines secousses sismiques. « Ça peut causer des tremblements de terre de très faible intensité, de 2 ou 3 à l’échelle de Richter, mais chez nous, c’est suffisant pour provoquer un décrochage le long de la rivière Salvail », soutient Mme Mathieu.Le groupe Mobilisation a décidé d’écrire aux membres du comité de l’évaluation stratégique sur les gaz de schiste, de même qu’au Bureau d’audiences publiques sur l’Environnement (BAPE) pour exprimer ses craintes. Il fait valoir que la fracturation hydraulique s’ajoute aux facteurs naturels propices aux glissements de terrain, comme les caractéristiques géologiques de la région de Saint-Jude.« Si nous nous adressons à vous aujourd’hui, c’est pour vous demander, en vertu de la Loi sur la qualité de l’Environnement de 2006, d’indiquer dans votre rapport qu’il ne pourrait y avoir de fracturation hydraulique sur notre territoire en vertu du principe de précaution contenu dans ladite loi. (…) Nous croyons qu’en attendant les changements qui tardent à venir par rapport aux législations sur les mines et les hydrocarbures, il serait prudent de la part des membres de l’étude de conseiller au gouvernement d’éviter de faire courir des risques indus aux habitants de Saint-Jude », dit la lettre.Le maire de Bellefeuille considère que dans le dossier des gaz de schiste, le gouvernement doit demeurer conséquent avec les gestes qu’il pose sur le terrain à Saint-Jude depuis la tragédie qui a fait quatre morts, le 10 mai 2010, au bord de la rivière Salvail. « Les géologues ont passé tout le territoire en revue pour identifier les endroits où il devait y avoir des travaux de stabilisation : en tout, il y en aura pour 11 millions $. Cet hiver, par exemple, 72 000 tonnes de pierre ont été transportées ici pour l’enrochement. Ça fait beaucoup de pierres, ça. Une nouvelle cartographie des zones à risque sera aussi rendue publique prochainement », a indiqué M. de Bellefeuille.Il signale que la municipalité demeure active dans le dossier des gaz de schiste depuis que des firmes de prospection ont procédé à des sondages exploratoires sur son territoire durant l’été 2010. Saint-Jude a d’ailleurs adopté une résolution interdisant toute fracturation hydraulique chez elle, au moins pour la durée de l’étude environnementale stratégique. « Nous allons toujours appuyer la population dans ce dossier-là. Nous serons toujours en avant de la parade, vous pouvez être certain de ça », assure-t-il.

image