23 juin 2016
Préoccupé de quoi?
Par: Martin Bourassa
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Le maire Claude Corbeil vient de rater une belle occasion de faire preuve de leadership dans le dossier des pitbulls. Lundi soir, lors de la séance publique du conseil, devant les caméras de la télévision communautaire, il était permis de croire qu’il préciserait sa pensée dans ce dossier controversé.

Quelques jours auparavant dans Le Courrier, il s’était dit « préoccupé » par tous les incidents récents impliquant des pitbulls, tout en préconisant la prudence à l’égard des gestes à poser pour prévenir de telles attaques. « Tous les chiens peuvent être dangereux et pas uniquement les pitbulls. L’important est de s’assurer que la règlementation en place est bien appliquée », avait-il déclaré en substance à notre journaliste, sans toutefois annoncer son intention de revoir cette règlementation.

Cette règlementation est-elle adéquate et bien appliquée? On attendait la suite.

Il nous tardait donc de voir si le maire avait cheminé sur cette question sensible et comment se traduirait concrètement cette préoccupation. D’autres maires avant lui, pensons au maire de Québec et au maire de Montréal, avaient dicté le ton. Le premier en annonçant son intention d’interdire la possession de pitbull dès janvier 2017, le second en décidant après une courte réflexion d’interdire les pitbulls et tous les chiens dangereux de la métropole, en octroyant un droit acquis aux propriétaires actuels qui pourront conserver leur chien sous strictes conditions. D’autres maires de la Rive-Sud ont aussi cheminé sur la question des pitbulls ces derniers jours, en particulier Sainte-Julie qui impose le licou. Mais lundi, le maire Corbeil n’a pas prononcé le mot chien une seule fois, sinon pour annoncer que le chien mécanique de sensibilisation des pompiers de Saint-Hyacinthe portera le nom d’Alerto!

Nous aurions préféré que le maire sorte ses crocs et qu’il se dise tellement préoccupé par la sécurité des Maskoutains qu’il allait serrer la vis aux propriétaires de chiens dangereux comme les pitbulls et même les interdire carrément. Nous aurions aimé qu’il démontre clairement que notre ville est Amie des aînés, mais qu’elle n’est pas et ne sera jamais l’amie des chiens dangereux et des propriétaires négligents.

Il est quand même consternant de penser que la Ville de Saint-Hyacinthe a une règlementation qui interdit la présence de poules urbaines hors de la zone verte, mais qu’elle hésite à s’attaquer aux pitbulls et autres machines à tuer.

Sachez que si la laisse est obligatoire partout, la muselière, elle, ne l’est pas encore, si l’on se fie à la règlementation municipale actuelle. La muselière n’est imposée qu’au chien reconnu comme ayant un caractère agressif, selon l’avis d’un médecin vétérinaire ou d’un spécialiste en comportement animal. Pour que ce dernier se prononce, il faut toutefois que le chien concerné ait démontré des signes d’agressivité. Pour prévenir les drames éventuels, on ne fait donc pas grand-chose. Contrairement aux pitbulls et autres molosses du genre, notre règlementation sur les animaux et notre maire manquent cruellement de mordant et ça c’est vraiment préoccupant.

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