20 juin 2013
Prières vaines
Par: Martin Bourassa

Les prières de l’évêque de Saint-Hyacinthe ne sont pas toujours exaucées. Nous venons d’en avoir la preuve avec le partenariat entre l’Oeuvre Antoine-Girouard et le Groupe Robin pour la vente de terrains appartenant à l’Oeuvre.

Même si en 2004 Mgr Fançois Lapierre avait publiquement demandé à ce que l’on révise cette entente d’exclusivité lorsqu’elle serait rendue à échéance en 2010, la réalité est toute autre. L’entente a été reconduite en 2007, soit trois ans avant son échéance (!), et prolongée jusqu’en 2020. Et il n’est pas impossible que cette autre échéance s’étende davantage, si la banque actuelle de terrains de l’Oeuvre Antoine-Girouard n’a pas été complètement épuisée et développée par Robin en 2020.L’autorité morale de Mgr Lapierre a-t-elle été bafouée? Pas vraiment. Il faut comprendre que l’entente initiale avait été habilement rédigée à l’époque. Si bien ficelée sur papier que les autorités religieuses n’ont eu d’autre choix que de la reconduire, à la surprise même de l’évêque et du supérieur actuel du Séminaire, ce dernier ayant hérité de cette entente prolongée lors de sa nomination.Il est quand même ironique de constater aujourd’hui que l’instigateur de l’entente, à savoir l’Oeuvre, réalise seulement maintenant son effet pernicieux.Il y a pourtant des années que cette entente d’exclusivité, qui empêche la vente de terrains de qualité à des promoteurs autres que Robin, fait jaser et rager dans la communauté maskoutaine. Mon prédécesseur, le regretté Jean Vigneault, en a longtemps fait ses choux gras en éditoriaux. Il est l’un de ceux qui ne s’est jamais gêné pour pourfendre cette entente qui assure la mainmise d’un promoteur unique sur une quantité appréciable de terrains. En 2004, on estimait que l’Oeuvre possédait 40 % de tous les terrains vacants desservis sur le territoire de la Villle de Saint-Hyacinthe.On ne peut nier que l’Oeuvre était bien intentionnée en confiant à un tiers plus expérimenté la vente de ses terrains. Le problème c’est qu’au lieu de confier ce rôle à un agent immobilier qui aurait mis tous les promoteurs intéressés en concurrence pour faire mousser les enchères, elle s’est tournée un développeur immobilier unique.Un promoteur qui prêche d’abord pour sa paroisse et ses propres intérêts, si vous me permettez l’expression. C’est lui qui achète tous les terrains et les développe à son propre rythme, selon ses propres besoins et selon ses priorités à lui. Et qui les revend à son propre prix comme de raison. Un promoteur unique qui a aussi et surtout le luxe de s’asseoir sur des terrains qui ne rapportent aucune taxe foncière à la Ville de Saint-Hyacinthe tant et aussi longtemps qu’ils restent dans le portefeuille immobilier de l’Oeuvre. C’est une entente de rêve pour Robin, mais un frein majeur pour le développement immobilier et économique de Saint-Hyacinthe.Un frein qui est malheureusement là pour rester. Amen.

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